Ouvert officiellement depuis l’an 2000, dans le quartier toulousain de Saint Cyprien, le musée des Abattoirs est un lieu destiné aux aficionados d’art contemporain. Découverte d’un lieu singulier.

 

Le musée des Abattoirs est situé à côté du jardin Raymond VI et de l’hôpital de la Grave (Crédit : Thibaut Calatayud)

L’impression d’être dans un autre monde. Voilà ce que l’on pourrait se dire lorsque l’on déambule dans les différentes expositions du musée des Abattoirs, bercées par des bruits de clocher et de la musique classique. Il faut dire qu’il n’y a pas grand monde en ce mercredi après-midi pour venir admirer la drôle d’exposition de Renaud Jerez. Et pour cause, le sous-sol et l’étage supérieur ne sont pas accessibles car d’autres expositions sont en préparation.

Les anciens abattoirs ont été imaginés par l’architecte Urbain Vitry (Crédit : Thibaut Calatayud)

 

Les expositions du moment

Les Abattoirs accueillent en ce moment plusieurs expositions. Parmi elles, on retiendra celle de Gisèle Vienne, une artiste franco-autrichienne qui a exposé une série de 40 portraits de marionnettes adolescentes, s’étalant sur deux salles. Dans la première, nous retrouvons les différents portraits, que l’on peut qualifier d’étranges, voire d’effrayants. Dans l’autre, une vidéo assez violente est diffusée. D’ailleurs, le musée prévient sur une pancarte que les images peuvent choquer les plus jeunes. Le tout est accompagné d’une musique glaçante renforçant l’atmosphère froide et inquiétante de l’exposition.

 

Les visages des marionnettes semblent éteints. (Crédit : Thibaut Calatayud)

Dans les deux salles suivantes, des œuvres diverses et variées de la collection du marchand d’art Daniel Cordier sont présentées. Intitulée « Terres à terres », l’exposition met à l’honneur des paysages avec des créations venant du monde entier, fruit du travail de recherche de cet ancien résistant. La visite se termine devant la projection du court-métrage Trypps de Ben Russell.

Non-Sense, une œuvre de Karen, la belle-fille de Daniel Cordier. (Crédit : Thibaut Calatayud)

La dernière exposition disponible au public est celle de Renaud Jerez. Le Narbonnais montre pour la première fois ses œuvres dans un musée français. Avec « Miroir Noir », l’artiste crée grâce à des matériaux artisanaux et industriels. À travers quatre salles, Renaud Jerez nous emmène dans un univers particulièrement coloré.

Renaud Jerez utilise des matériaux divers et variés pour chacune de ses œuvres. (Crédit : Thibaut Calatayud)

Des services variés

Le musée des Abattoirs offre différents services pour ses visiteurs. On peut notamment retenir une initiative originale qui consiste à pouvoir faire du yoga dans plusieurs salles, au beau milieu d’une exposition. Pour cela, la professeure Géraldine Avisse propose des cours à 10 €. À ce prix, vous pourrez visiter le musée mais aussi pratiquer la discipline relaxante qu’est le yoga.

Des ateliers sont également mis en place. Pour le tarif de 7 €, vous pourrez sensibiliser votre enfant à l’art, tous les mercredis de 15h à 16h30.

Enfin, un restaurant est ouvert dans l’enceinte des Abattoirs. Histoire de se restaurer après avoir été plongé une après-midi durant dans de l’art contemporain.

L’enceinte est également décorée par des mosaïques et autres sculptures du célèbre artiste français Fernand Léger. Ces œuvres colorent et embellissent les façades en brique de l’ancien abattoir. Les visiteurs peuvent aussi venir se détendre devant ces créations, des sièges étant mis à leur disposition.

Les Femmes au perroquet sont exposées à côté de l’entrée du musée. (Crédit : Thibaut Calatayud)

Il est important de noter que le musée est accessible à tous. Il est adaptée pour recevoir des visiteurs en fauteuil roulant. De plus, pour les personnes atteintes de cécité, des « visites tactiles » sont proposées. Cliquez ici pour plus de renseignements sur les conditions d’accessibilité.

Un lieu pour les amoureux d’art contemporain

On déplorera l’absence de guide apportant des compléments d’information. Pour un public novice, il est difficile de comprendre les œuvres et le discours que souhaite transmettre l’auteur. Les descriptifs ne sont pas assez claires, notamment pour les enfants. Le manque d’interactivité est aussi dommageable. Elle aurait pu apporter des informations supplémentaires.

S’adressant surtout à un public averti et réceptif à l’art contemporain, les Abattoirs restent tout de même un endroit à visiter si vous êtes de passage sur Toulouse. Avec une entrée à 7 €, et un tarif réduit à 4 € pour les étudiants, vous pourrez, pourquoi pas, vous découvrir un attrait pour l’art. Et si vous ne voulez pas payer pour voir une exposition artistique, allez-y le premier dimanche de chaque mois : l’entrée est gratuite. Vous n’aurez donc plus aucune excuse pour ne pas aller au musée !

Thibaut Calatayud