Être artiste de nos jours est une tâche complexe, puisque le monde artistique est devenu très sélectif avec des écoles dont le pourcentage d’élèves acceptés ne dépasse pas la barre des 4 % (contre 10 % d’élèves admis en seconde année en médecine, à titre indicatif). Les étudiants débutent ainsi un cursus afin d’améliorer leur capacités et leur techniques. Mais comment ce dernier se passe-t-il ?

Peinture réalisée par Florian Aspe, étudiant à Prép’art.

 

Une formation préparatoire

Si les étudiants ne sont pas passés par un BAC STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) au tronc commun classique, associé à un tronc spécialisé (histoire de l’art, culture, etc.), ils peuvent s’inscrire à des écoles préparatoires propres à ce domaine, par le biais de la plateforme Parcoursup ou directement via les établissements. Ils peuvent également s’inscrire directement en écoles supérieures. Contrairement à ces dernières, les études préparatoires tendent à développer le niveau nécessaire pour accéder aux grandes écoles : amélioration de leurs techniques, maintien d’un niveau stable en culture artistique, recherches plastiques. L’objectif est d’obtenir un niveau suffisamment élevé pour pouvoir rivaliser avec la rude concurrence qui s’établit aux portails des concours. La prépa Prép’Art est un exemple d’école préparatoire établie en France.

Cet établissement accessible sur entretien, basé à Toulouse et à Paris, propose un cursus sur un an  durant lequel chaque étudiant va créer différents projets sous le regard de professeurs et  d’intervenants professionnels qui leurs permettront d’être guidés et conseillés. Ils défendront alors  leurs dossiers dès le mois de mars devant différents jurys, étape ultime de la sélection des concours. Certaines de ces écoles sont assez renommées pour rayonner à l’échelle européenne et donner naissance à des artistes de renoms, comme la prestigieuse École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, à Paris. Dessins d’observation, croquis et analyses critiques sont donc de mise à Prép’Art afin de permettre à chacun de s’améliorer quel que soit le domaine auquel il souhaite accéder par la suite.

Libres, mais encadrés

Lina-Maria, une élève de Prép’Art, nous a expliqué que les cours sont généralement « libres et ouverts, tout en étant encadrés ! ». Chaque élève se doit de réaliser différents travaux en fonction de ses capacités et de ses envies, ou en fonction d’un sujet donné dans le cadre d’un entraînement via différentes annales. Il peut ainsi s’agir d’une photographie, d’une peinture, ou même d’une sculpture, suivant le domaine de prédilection de l’étudiant. Suite à cela, ils seront confrontés en cours d’année à des jurys blancs composés d’anciens élèves diplômés, de professeurs et de professionnels, qui leurs prodigueront différents conseils, quitte à essuyer quelques critiques.

Photographie réalisée par Florian Aspe, étudiant à Prép’art.

Un autre étudiant de Prép’Art, Florian Aspe, nous confie que « aujourd’hui, les jeunes artistes sont formés par la découverte, la recherche continuelle, l’innovation et l’apprentissage par la liberté. Chaque élève est libre d’explorer différents domaines, médium, ou techniques selon la façon qu’il lui plaît, quelque fois contraint par des limites. Nous sommes donc formés avec le but d’être le plus ouvert possible au monde et à ce qui le constitue ».

L’entrée dans la vie active

Une fois l’école préparatoire terminée, les élèves parviennent principalement à intégrer une école supérieure qui fonctionne sur le même principe que la classe préparatoire, à la différence qu’elle permet l’acquisition d’un diplôme et qu’elle permettra d’orienté l’élève vers un domaine définitif : art, design ou graphisme.

Beaucoup de stéréotypes et de préjugés restent cependant omniprésents aujourd’hui. Chaque élève y est confronté en ce qui concerne son futur et les métiers auxquels il aspire. Ces même clichés qui disent que ces étudiant ne vont pas loin une fois diplômés deviennent progressivement faux, au vu de la quantité de métiers reliés de près ou de loin au domaine artistique tels que le web designer, l’architecte, l’artisan, le graphiste, ou encore l’artiste. « Il faut savoir qu’être artiste, ce n’est plus simplement savoir peindre un tableau. Tous les artistes ne savent pas forcément peindre, ou dessiner », précise Florian Aspe. Motivés et déterminés, chaque étudiant à sa chance d’accéder, via son parcours, à des nombreux métiers dédiés à l’art. Lina-Maria conclue ainsi avec une touche optimiste, indiquant à juste titre : « Pourquoi n’y arriverions-nous pas ? ».

Anaïs Douieb