Cela fait onze jours que le personnel pénitentiaire est en grève. Et ce n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement interne des prisons. Un détenu du centre de Moulins-Yzeure a décidé de déposer un recours en justice pour dénoncer les répercussions du mouvement des surveillants.

Pas de promenade, « aucune douche« , les poubelles de la cellule non collectées « depuis neuf jours« , c’est ce que dénonce un détenu du centre de détention de Moulins-Yzeure (Allier). Les blocages des prisons de France ont lieu depuis maintenant onze jours, et ce n’est pas sans conséquences. Mardi, l’Observatoire international des prisons (OIP) avait déjà signalé que les détenus et leurs familles étaient « les premières victimes du blocage ».

« Dans la plupart des établissements bloqués, les parloirs familles et les rencontres en unités de vie familiale ont été supprimés. Des rendez-vous médicaux et des extractions vers les hôpitaux [avaient] été bloqués [et] des traitements non distribués », explique l’OIP.

Des extractions judiciaires et des rencontres entre les avocats et leurs clients ont également été annulées. Le tribunal administratif, où le recours a été déposé mercredi soir, doit désormais déterminer l’urgence de la requête.

Aujourd’hui, un nouveau « projet d’accord » est présenté par le ministère de la Justice, qui recevra les différents syndicats à tour de rôle. « Cette proposition devrait être le fruit de toutes les discussions menées depuis plusieurs jours », a déclaré Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire.