Nouvelle victoire pour les Saoudiennes dans leur lutte des droits. Depuis hier, vendredi 12 janvier 2018, elles peuvent enfin assister à des matches de football en toute tranquillité. Cette nouvelle est une interdiction en moins pour les femmes en Arabie Saoudite, même si les restrictions et les interdits sont encore nombreux dans le royaume. Dans ce pays ultraconservateur, leur quotidien demeure régi par les hommes et leurs droits accordés au compte-goutte. 

Conquérir sa liberté, autorisation après autorisation

Cette autorisation a été accordée en octobre dernier par le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, soucieux de faire avancer les choses en terme de droits des femmes, concerne seulement les trois stades de : Jeddah, Damman et Ryad. Ils pourront accueillir des familles avec des places spéciales.

Autre que le domaine du sport, les femmes ont eu d’autres « privilèges » dans les d’autres secteurs. Début décembre, elles ont eu droit à un concert du compositeur grec Yanni, accompagné de vocalistes femmes, et le tout premier concert réservé aux femmes où s’est produite la chanteuse libanaise Hiba Tawaji.

Le 11 décembre 2017, les autorités avaient annoncé que le grand écran serait un loisir de plus pour les femmes. En effet, à partir de ce mois-ci, les salles de cinéma devraient être ouvertes à la gent féminine.

Enfin, depuis le 26 septembre 2017, l’interdiction de conduire une voiture a été levée. Cette mesure, réclamée depuis 1990, doit entrer en vigueur à partir de juin 2018. Les Saoudiennes pourront également conduire des motos et des camions.

L’objectif du prince héritier est de faire oublier la réputation austère du royaume. Pour cela, il a tenu tête au milieu conservateur qui s’était fermement opposé à ces nouvelles mesures, les jugeant comme de possibles sources de « dépravation »…

Toujours des interdictions

Malgré ce début de libéralisation, les femmes restent soumises à d’autres restrictions. Le système de tutelle, qui les oblige à solliciter l’autorisation d’un membre masculin de la famille proche pour des démarches de la vie quotidienne, demeure.

Les femmes ne sont pas autorisées à se mêler à des hommes autres que les membres de leurs familles proches et risquent si elles le font.

Des restrictions sont encore et toujours imposées en matière de mariage. Le Comité permanent pour les recherches islamiques et l’émission de Fatwas, interdit aux femmes sunnites d’épouser un « homme chiite ou communiste (athée) ». Cette loi s’ajoute à l’interdiction de contracter un mariage avec des non-musulmans.