L’ibuprofène, facteur de dysfonctionnement de la fertilité masculine ? C’est ce que révèle une étude franco-danoise publiée dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Acedemy of Sciences en décembre 2017. Le médicament, administré à haute dose et en prises régulières, agirait comme un perturbateur endocrinien.

L’ibuprofène est l’un des médicaments les plus consommés de France : anti-douleurs et anti-inflammatoire, il est vendu en pharmacie sans ordonnance. Il est conseillé en cas de douleurs musculaires, état grippal, fièvre, maux de tête… Des chercheurs de cette étude admettent même que « certaines populations d’hommes prennent régulièrement de l’ibuprofène sans souffrir de maladie chronique et en étant des athlètes de haut-niveau. » 

L’étude a été menée sur 31 sportifs masculins, utilisateurs réguliers d’anti-douleurs. Dans le cas d’une prise régulière, jusqu’à 1200g par jour pendant six semaines, les chercheurs ont remarqué un état d’hypogonadisme compensé. C’est un dysfonctionnement des testicules, où la production de certaines hormones masculines est inhibée. En plus simple, cela provoque un déséquilibre hormonal important. Ce phénomène, rencontré sur 10% des hommes âgés, provoque des risques pour la capacité de reproduction mais également pour la santé du consommateur. Pour deux des chercheurs de cet étude, il y existe aussi des risques psychologiques.

Il ne s’agit pas de dire que l’ibuprofène agit sur les performances sportives ou sur la résistance à la douleur, d’après Bernard Jégou de l’Inserm : « En revanche, les risque pour la santé sont avérés » a-t-il déclaré à l’AFP. Le chercheur explique tout de même que le but n’est pas d’alarmer mais que c’est un fait à connaitre lorsque l’on en consomme.