La Cour des Comptes a rendu ce 8 février son rapport annuel sur les finances publiques. Elle épingle notamment un dérapage du déficit public et une écotaxe qui a coûté cher.

Dans son rapport publié aujourd’hui, la Cour des Comptes adopte un vocabulaire très dur. En première cible, l’abandon de l’écotaxe. Pour rappel, elle était née lors du Grenelle de l’environnement en 2008. Elle devait être un nouvel impôt destiné aux poids lourds qui empruntent les routes et autoroutes du pays. Elle avait été abandonnée après la gronde des éleveurs bretons, les fameux « bonnets rouges » en 2013. Une déroute pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault que la Cour juge comme « un échec stratégique » et « un abandon coûteux » pour un « projet ambitieux ». La mise en route de l’écotaxe devait en effet rapporter rapporter environ 8 milliards d’euros à l’Etat sur dix ans.
Au lieu de cela, la France va devoir signer plusieurs chèques d’indemnisation pour avoir résilié les contrats avec ses entreprises partenaires du projet. Au total, ce sont 958 millions d’euros qui vont devoir être débourser à Ecomouv, la société choisie pour mettre en place et gérer les portiques écotaxe.

Le déficit, encore…

« Très difficile à atteindre ». C’est en ces termes que la Cour des Comptes qualifie la volonté du gouvernement d’abaisser le déficit public à 2,7% du PIB. L’objectif est dicté par le Pacte de stabilité européen qui pousse les États-membres à voir leur déficit passer en dessous des fameux 3%. Mais la France ne respecte pas cette mesure depuis 2013. Pourtant, notre pays s’efforce à réduire les dépenses et augmenter les recettes depuis 2010.
Autre point relevé par Didier Migaud, le premier président de l’institution : la dette. Elle atteint 97% du PIB, contre 60% selon les directives européennes ! En clair, les dépenses devront encore baisser ces prochaines années pour rééquilibrer le budget et permettre un retour dans les clous européens.

Mais quel président ?

Le problème, c’est que 2017 est une année d’élection présidentielle. Le président François Hollande ne se représentera pas, c’est certain. Mais il a tout de même ouvert les vannes des dépenses cette année pour permettre une trève « après 4 ans d’efforts collectifs », selon ses propres termes.
Et dans les candidats déclarés, peu sont ceux qui assurent vouloir baisser les déficits. François Fillon en a fait son cheval de bataille. Mais le candidat investi par les droite et le centre est empêtré dans le Penelope Gate.
On imagine mal Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen suivre les ordres de Bruxelles. Benoit Hamon prend une ligne plus à gauche que la social-démocratie entreprise depuis 2013. Reste Emmanuel Macron, qui entretient toujours le flou sur son programme précis. Pourtant, il semblerait bien que les Français devront encore se serrer la ceinture, s’ils veulent respecter les engagements européens…