Quatre policiers ont été placés en garde à vue et sont entendus depuis ce matin par les enquêteurs de l’IGPN, la police des polices. Ces quatre hommes sont accusés de viol en réunion avec une matraque télescopique sur un homme en pleine rue.

Jeudi 2 février, la salle de spectacle parisienne La Cigale accueil un concert exceptionnel au profit de la famille d’Adama Traoré, mort dans des conditions suspectes durant son interpellation par les forces de l’ordre. Le même jour, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un homme aurait été violenté puis violé par quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain. Le jeune homme qui se rendait chez une amie de sa sœur a été témoin, tout comme une cinquantaine de personnes, d’une interpellation brutale durant laquelle un policier a assené une claque au suspect. Voulant intervenir pour calmer les esprits et empêcher de nouvelles violences policières, c’est finalement lui qui va se retrouver au sol sous les coups des quatre policiers. Alors que les caméras de vidéosurveillance de la ville sont en train de filmer la scène tout comme plusieurs témoins, les agresseurs frappent le jeune homme de 22 ans alors qu’il est à terre, n’hésitant pas à lui assener plusieurs coups au bas du ventre notamment.

« Une déchirure de l’anus sur 10 centimètres »

Un fait reconnu par les officiers de police durant leur interrogatoire qui réfutent toutefois la moindre connotation sexuelle malgré les accusations de la victime. Selon lui, les policiers vont ensuite l’embarquer dans leur voiture, mais pas pour se rendre directement au commissariat puisqu’ils font un arrêt, hors du champ de vision des caméras. Là, ils auraient fait pénétrer une matraque télescopique dans l’anus de la victime à plusieurs reprises en plein sur la voie publique. Une fois arrivé au commissariat, la victime qui se trouve en sang et choqué raconte les violences policières dont il vient d’être victime et est emmené en fauteuil roulant à l’hôpital. Sur place, les médecins constatent des lésions importantes qui confirmeraient le récit du jeune homme et son obligé de l’opérer en urgence pour des lésions, précisant selon l’AFP que la victime avait « une déchirure de l’anus sur 10 centimètres ». Interpellé par la police des polices, les quatre policiers continuent à nier les faits tandis que l’examen des bandes vidéos se poursuit.

Réaction et indignement

En attendant, le maire de la ville d’Aulnay-sous-Bois, Bruni Beschizza a affirmé son soutien à la victime sur son compte Facebook : « je tiens à apporter tout mon soutien à ce jeune homme, qui est encore au moment où je vous parle à l’hôpital, ainsi qu’à sa famille. Ils peuvent compter sur le soutien indéfectible de la municipalité dans cette épreuve. La gravité des faits exige une enquête rapide et précise afin de faire toute la lumière sur cette affaire ».

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux a, au travers d’un communiqué de presse, annoncé souhaiter que « toute la lumière soit faite sur ces accusations d’une extrême gravité » avant d’affirmer que « s’il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n’ont pas été scrupuleusement respectées, des sanctions adaptées seront évidemment prises ». Dans un souci d’apaisement, les élus souhaitent ainsi éviter que les banlieues ne sombrent de nouveaux dans le chaos en contestation aux violences policières comme cela avait été le cas après la mort dans de troubles circonstances d’Adama Traoré durant son arrestation en juillet dernier.