François Fillon est empêtré dans le scandale du prétendu emploi fictif de son épouse Pénélope. A tel point que des ténors de la droite se tiennent (discrètement) prêts à le remplacer. Le candidat investi par les Républicains a lui convoqué les parlementaires de son groupe mercredi matin. Mais s’est fait lâché par le député de Rhône, Georges Fenech.

Il ne s’en sort pas. François Fillon est plongé dans les scandales. Le « Canard Enchaîné » en a remis une couche ce mercredi matin. L’hebdo satirique a revu à la hausse les sommes perçues par Pénélope Fillon en tant qu’attachée parlementaire de l’ancien sénateur de la Sarthe et collaboratrice de la revue des Deux Mondes. Des emplois que le journal accuse d’être fictifs. L’épouse du candidat LR à la présidentielle aurait touché 900.000 euros de rémunérations indues. Ses enfants auraient eux aussi perçus 86.000 euros en tant qu’assistants.

Sa candidature « remise en cause »

Le désormais député de Paris a réuni les parlementaires des groupes « les Républicains » à l’Assemblée et au Sénat ce matin. Il a dénoncé au cours de la réunion un « coup d’Etat institutionnel » contre sa candidature. « Ma famille, mon entourage, nous-mêmes, la crédibilité de notre famille politique, de ma candidature, tout est remis en cause, dans le cadre d’une opération organisée professionnelle« , a dénoncé Fillon. Il a aussi demandé aux siens de « tenir 15 jours » le temps de connaître les premières conclusions de l’enquête. Sur les réseaux, le hashtag #StopChasseàLHomme a même été lancé.

Soutiens

La parole a ensuite été donnée à certains poids lourds de la droite française. Des déclarations relayées par le compte twitter officiel de la campagne de François Fillon.

Outre le président du Sénat Gérard Larcher, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ou le patron des députés républicains Christian Jacob se sont exprimés, tout comme l’ancien ministre de l’économie François Baroin. Le député Jacques Myard (Alpes-Maritimes) a même lancé : « Ce n’est pas seulement toi qui est en jeu, c’est la séparation des pouvoirs. C’est l’indépendance du pouvoir législatif« .

« Primaire caduque »

Mais un premier soutien de François Fillon vient officiellement de prendre ses distances avec le candidat investi. Georges Fennech, député du Rhône, a lâché publiquement : « La Primaire est caduque. Nous ne pouvons continuer avec un candidat en extrême difficulté. » Un premier coup de poignard qui pourraient être suivis.

Car en coulisses aussi, il semblerait que les choses s’accélèrent. Et que certains des soutiens publics de Fillon prépare sa succession s’il devait retirer sa candidature. C’est ainsi que plusieurs noms de domaine internet ont été déposés : baroin2017.fr, bertrand2017.fr et wauquiez2017.fr. Vous les aurez reconnus. Pour le premier nom de domaine daté du 27 janvier, il s’agit de l’ancien protégé de Jacques Chirac, François Baroin. Les deux autres sont actuellement présidents de région. Xavier Bertrand trône sur les Hauts-de-France, et Laurent Wauquiez  sur la région Auvergne-Rhône-Alpes (tous deux le 31 janvier).
Coïncidence troublante : François Baroin se prépare à sortir un livre intitulé « Un chemin français », qui ressemble fortement à un livre-programme. Mais dans son camp, on dément

La couverture du livre de François Baroin./ Photo éditeur