Le « Bleu Bleu ». Si ce lieu ne vous parle pas, ce n’est pas pour rien. Caché au milieu des arbres au bord de la Garonne, non loin du camping du Ginestous, cette guinguette a été construit il y a plus de 40 ans par Gilbert Vivien.

guinguette de loin

De loin l’endroit ne paye pas de mine…/ Photo Yannick Lonca

L’endroit ne paye pas de mine. Situé au bout d’un chemin boueux inaccessible en voiture et caché au milieu des arbres, une bâtisse improbable apparaît. Une grande construction bleue, entouré de murs gris, toute faite de parpaings et de tôles. Dans le bâtiment bleu, on devine une habitation. Situé au bord de la Garonne, juste en face de Blagnac, loin de l’agitation de la ville, l’endroit inspire le calme et la sérénité. Lorsque l’on s’en approche, quatre chiens, jusque là paisibles, accourent en aboyant d’un air menaçant. Un cri retentit et les chiens s’éloignent. Gilbert Vivien apparaît alors, en tenue de travail.

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Les fidèles compagnons de Gilbert, ses chiens./ Photo Yannick Lonca

Gilbert Vivien, c’est le propriétaire de cette étrange construction, qui s’avère en fait être une guinguette, un bar d’été. Légèrement voûté, le visage marqué par la vie, mais le sourire chaleureux lorsqu’il vous serre la main, il est le propriétaire de ce lieu depuis 1939, il a tout construit lui-même. « Au début, c’était un terrain en friche, mais j’ai tout nettoyé et j’ai entrepris de construire cette guinguette il y a de ça près de 50 ans ». Plombier de métier, il décide de tout stopper au début dans les années 60 et de se lancer dans cette aventure. Il affirme aujourd’hui avoir 117 ans, et lorsqu’on lui réplique que ça fait de lui l’homme le plus âgé de l’Humanité, il sourit. Malgré son âge avancé, Gilbert possède toujours sa vigueur d’antan, se baissant avec toujours autant de facilité pour ramasser une fourche traînant par terre.

Au début de cette aventure, il n’y avait que la guinguette de construite. Mais au fil des années, Gilbert a aménagé ce terrain. Au bord de l’eau il a installé une multitude de table, qui donne à l’endroit un aspect presque mystique lorsque le soleil se reflète sur l’eau de la Garonne. Tout ici respire le calme. Et les clients ne s’y trompent. « En hiver, il fait froid au bord de l’eau, donc forcément il n’y a pas beaucoup de gens, mais l’été, c’est remplit toute la journée. Les gens aiment venir ici, c’est reposant, et puis regardez ça si c’est pas beau » affirme Gilbert en embrassant le panorama du bras.

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Gilbert a réussit à rendre les bords de Garonne agréable et reposant./ Photo Yannick Lonca

Un parcours semé d’embûche

Pourtant pour en arriver là, le vieil homme a dû affronter bien des épreuves: les montées d’eau de la Garonne, les intempéries, l’Homme et ses constructions, beaucoup de menaces ont failli détruire le Bleu Bleu, mais Gilbert a toujours tout reconstruit de ses mains. « En tout, la guinguette a été détruite 3 fois, la dernière c’était lorsqu’ils ont construit la digue juste derrière. Mais à chaque fois j’ai tout reconstruit. c’est ma maison ici, et je ne compte pas en partir ».

Si ça fait plusieurs années que rien n’a menacé le Bleu Bleu, aujourd’hui un nouvel élément inquiète le tenancier. Le projet du Grand Parc Garonne. Toulouse Métropole prévoit dans les années qui viennent de réhabiliter les bords de Garonne. Un jour où l’autre ils passeront devant chez Gilbert Vivien et selon ses dires, ils détruiront la guinguette pour pouvoir mener à bien leur projet. Cependant, ce n’est pas encore assez pour que le vieil homme se fasse un sang d’encre. « Pour l’instant ils ne sont pas encore venu, je n’ai donc rien fait de particulier, je continue ma vie. Mais le jour où il viendront me voir alors je réagirai, je contacterai la mairie et je ferai tout ce que je peux pour que la guinguette ne soit pas détruite. Après tout je compte finir mes jours ici ». 

Pour l’heure, le Bleu Bleu et son propriétaire tiennent bon, et les clients, habitués comme simples promeneurs, continuent de venir profiter du cadre reposant et agréable que seul cet établissement peut offrir.