Débutée le 11 janvier, la Coupe du Monde de Handball est l’événement sportif de ce début d’année en France. Parmi les hommes de l’ombre qui s’occupent de faire de cet événement une grande fête sportive : Yoan Crouzillat. Ce Toulousain d’adoption a été sélectionné parmi plus de 130 candidats pour être l’un des 8 speakers officiels de la Coupe du Monde de Handball. Entre deux avions, il revient sur son rôle de speaker et sur cette expérience unique. Attention, Spoiler, l’équipe de France gagnera la Coupe du Monde de Handball selon Yohan Crouzillat !

Pour commencer, pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter ?

Y-C : « Je m’appelle Yoan Crouzillat. Je travaille à l’année pour une société gestionnaire de stations de ski. Et à côté, je fais tout ce qui est animation sportive, animation de mariage et du Community Management. Et je suis donc le speaker officiel du club de Handball du Fenix et des Spacer’s au volley-ball depuis près de sept ans. »

Yoan Crouzillat dans sa deuxième maison au Palais des Sports de Toulouse Crédit photo : E.R

En quoi consiste le métier de speaker ?

Y-C : « Le rôle du speaker pour moi, c’est d’être le coach des supporters et des gens qui viennent voir le match. L’objectif forcément, c’est qu’il y ait le plus d’ambiance possible et que les joueurs sur le terrain ressentent cette bonne ambiance afin de les aider à gagner leurs matchs. » 

Vous êtes en quelque sorte le douzième homme ?

Y-C : « C’est facile avec un micro d’être le douzième homme. Je dirai que je suis le coach du 12e homme donc de l’ensemble des gens. S’il n’y a pas de public, tu as beau faire le couillon dans un micro ça ne sert pas à grand chose. Mais, si t’as l’appui du public, tu peux faire de grande choses. Donc le public, c’est le douzième homme et moi, je suis le coach, je dirais. » 

Cri de guerre de Yoan Crouzillat du Fenix pour la rédaction du 24h :

Comment êtes vous devenu speaker ?

Y-C : « C’est une très très bonne question ( rire). J’étais responsable animation, j’ai toujours aimé prendre des micros, animer avec de la musique. Et puis de fil en aiguille, avec quelques contacts et des soirées qui se sont bien passées j’ai eu quelques propositions. Ça a commencé réellement avec le Fenix parce que je suis handballeur à la base et ça m’attristait un peu à l’époque de voir cette salle (NDLR, Palais des sports) un peu molle. Donc mon idée, c’était vraiment que la salle se bouge pour soutenir les joueurs. »

Comment se prépare-t-on en tant que speaker pour présenter un match ?

Y-C : « T’arrives tu te mets en short, tu mets d’abord la chaussette gauche et après la chaussette droite. Non, je rigole.. Je fais des fiches, j’arrive jamais à l’arrache. Je prends des infos sur ce qui s’est passé sur les derniers matchs pour chaque équipe, les résultats en cours et le classement. Je demande également quand je travaille pour le Fenix ou les Spacer’s s’ils ont des choses à dire de particulier. Et puis je prépare ma musique. Je travaille également la prononciation des joueurs étrangers et notamment durant le mondial où j’ai eu deux jours de formation pour bosser la prononciation. Après sur les matchs des championnats, je demande au coach ou au médecin de l’aide sur la prononciation du nom des joueurs en cas de difficulté. »

« La sélection pour être speaker du mondial a été difficile. On était plus de 150 à postuler »

Vous avez fait parti de ces 8 speakers sélectionnés pour animer le mondial de Handball, parlez-moi un peu de l’ambiance ?

Y-C : « C’est rigolo, car ce n’est pas tout à fait la même chose que l’on voit en championnat. Le public vient vraiment voir du beau jeu, du handball de haut-niveau, mais il se prête au jeu. Quand il voit de belles actions, tout le monde s’excite. C’est pas comme au Fenix où dès qu’il y a une belle action de l’adversaire tout le monde va se taire. Par contre à l’inverse, si c’est le Fenix tout le monde va s’exciter. Et là, c’était vraiment super, il y a avait vraiment quelque chose de sympa autour de toutes les équipes. Pour citer l’Angola qui a malheureusement terminé dernier du championnat. Ce qui avait de bien avec eux, c’est qu’ils s’accrochaient tout le temps, ils avaient tout le temps le sourire. Et donc du coup, le public les adoraient et les encourageaient. Alors qu’ils ont perdu tout leurs matchs avec un écart de 15 à 20 buts. C’était vraiment bien, c’est une espèce de communion entre tous les handballeurs de tous les pays. Et puis, même si on connaît pas les joueurs, on apprécie de venir voir du beau handball. » 

Vous n’avez pas eu l’opportunité d’animer un match de l’équipe de France, pas de regrets ?

Y-C : « Non pas de regrets, car je savais dès le départ que ça allait être compliqué. Mais je dirais tout de même une petite déception, car bien évidemment, j’aurais adoré animer une demi-finale voire une finale de l’Equipe de France. Après il faut relativiser, on me connaissait au Fenix, on me connaissait à la Ligue Nationale de Handball, mais on ne me connaissait pas à la Fédération Française de Handball. »

Comment s’est passé la sélection pour décrocher le précieux sésame de speaker pour cet événement sportif majeur de handball ?

Y-C : « La sélection a été difficile. L’entreprise qui nous a employées ne me connaissait pas du tout. Il a fallu que j’aille à Paris les rencontrer. On était plus de 150 à postuler et je pense que je suis le dernier des 8 speakers à avoir été choisi. Donc, je pense que le CV a beaucoup joué vu qu’il ne me connaissait pas. »

Quel est votre plus souvenir de ce mondial ?

Y-C : « Mon plus beau souvenir, c’est les rencontres que j’ai pu faire durant ce championnat du monde. Et notamment, avec mon équipe d’animation. On était cinq, deux speakers, un régisseur et deux assistants régisseurs. Il y a un groupe qui est parti en osmose et d’ailleurs encore-là, on s’envoie des messages. Après il y a eu pleins d’autres souvenirs. On a rencontré des gens formidables, on a vu de super matchs avec de belles ambiances. »

Justement, quel est le match qui vous a le plus marqué ?

Y-C : « Le match qui m’a le plus marqué est le quart de finale entre la Hongrie et le Danemark à Albertville. Pour l’ambiance, mais également, car le Danemark n’aurait jamais dû perdre. Le Danemark, champion Olympique qui se fait battre par la Hongrie, c’était la grosse surprise. Et là, pareil c’était comme pour l’Angola, le public s’est mis à soutenir la Hongrie et c’était la folie dans la salle olympique d’Albertville. »

« L’équipe de France ne m’a pas (spécialement) impressionné durant ce mondial »

Vous êtes fan de handball, quel est le joueur qui vous impressionne le plus ?

Y-C : « ( Moment d’hésitation) Cédric Sorhaindo car il a joué à un poste où j’évoluais, mais également, car je l’ai vu évoluer et grandir au sein du PSG. Il est fort tant en défense qu’en attaque. Il est costaud, il ne bouge pas. Puis il a l’air d’avoir la tête sur les épaules, de pas trop se la péter. J’aime bien ce qui sort de gars-là tant physiquement que dans la tête. » 

Un petit mot sur le parcours de l’équipe de France qui dispute ce soir sa demi-finale face à la Slovénie, elle vous a impressionné ?

Y-C : « Pas spécialement ( rire). La France doit être en demi-finale, c’est dans la logique. Mais elle ne m’a pas impressionné plus que ça. Après ils ont eu des moments de doute sur certains matchs où ils ont été impressionnant et ont su repasser devant et remettre les aiguilles à l’heure. Ils ont vraiment une force de caractère qui est top. »

Un petit mot sur la Slovénie, adversaire de l’équipe de France ce soir que vous avez vu évoluer à Metz ?

Y-C : « La Slovénie est une grosse équipe qui compte deux très bons joueurs qui évoluent encore à Montpellier. Mais, pour moi, ils n’ont pas le niveau de l’Équipe de France. Il y a encore trop de jeunesse dans cette équipe Slovène. » 

Du coup, pour terminer un petit pronostic pour ce soir ?

Y-C : « Victoire de la France bien sûr. Je vais même plus loin et je dis qu’ils seront champions du monde. Je m’emballe peut-être on verra bien .. »