Aux Pays-Bas on a décidé de combattre le feu par le feu ! Lilianne Ploumen, ministre de la Coopération, va lancer un fonds international pour sensibiliser à la contraception et pour une meilleure prise en charge de l’avortement dans les pays en voie de développement.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour une réponse au décret signé par Donald Trump qui interdit le financement, sur des fonds fédéraux, d’ONG  soutenant l’avortement. Aux Pays-Bas la ministre de la Coopération a déclaré vouloir «compenser autant que possible le coup financier » de cette interdiction. Dans un communiqué de presse elle explique vouloir « l’initiative d’un fonds international pour offrir aux femmes dans les pays en voie de développement l’accès à de bonnes informations, à des moyens contraceptifs et à l’avortement ». La ministre néerlandaise devrait prendre contact avec ses homologues européens mais aussi en Amérique latine pour commencer une collecte de fonds. La Belgique a déjà annoncé qu’elle soutenait ce fonds, le Ministre Alexander De Croo a déclaré être totalement derrière cette initiative.

Un décret dangereux

 

Source : Rapport OMS – 2016 et Unfpa – 2016

La ministre néerlandaise prévient, « L’interdiction de l’avortement ne mène pas à moins d’avortements, mais à plus de pratiques irresponsables dans des lieux clandestins et plus de mortalité maternelle. » Selon l’organisation Marie Stopes, sorte de planning familial international, cité dans le communiqué, la mesure de Donald Trump pourrait avoir de lourdes conséquences  humaines. L’ONG ayant moins de moyens financiers pourraient ainsi voir leurs actions diminuées : Marie Stopes estime que sous le mandat de Donald Trump ce sont 6,5 millions de grossesses non-désirées, 2,1 millions d’avortements à risque et que 21 700 femmes pourraient mourir.  D’après l’OMS, les avortements à risques ont entraîné 47 000 décès en 2008.