La campagne de deuxième tour des primaires de gauche se durcit. A tel point que l’on se demande si les deux courants que représentent Benoit Hamon et Manuel Valls pourront se réconcilier dimanche soir.

Il ne reste que 3 jours de campagne, mais elle n’a jamais été aussi violente. Arrivé en deuxième position des suffrages dimanche 22 janvier lors du premier tour, Manuel Valls a décidé de durcir le ton. Dimanche, dans sa réaction d’après résultats, il avait déjà pointé du doigt le programme « irréalisable » de son adversaire Benoit Hamon. Ce dernier, pourtant troisième dans les sondages d’opinion, avaient récolté près de 5 points d’avance dimanche soir. Il est désormais l’homme à abattre.

Valls pas décidé en cas de victoire d’Hamon

Surtout, avec le soutien reçu par Benoit Hamon d’Arnaud Montebourg, la troisième homme du premier tour, on ne voit pas comment la victoire pourrait échapper à l’ancien ministre de l’Education. Invité ce matin de France Info, Manuel Valls n’a pas souhaité dire s’il voterait pour Hamon à la présidentielle le cas échéant. Cette déclaration nourrit l’antagonisme de plus en plus patent que représente ce duel. Et surtout, démontre les deux lignes qui s’affrontent depuis 2013 et la naissance des « Frondeurs » de la majorité. Hamon, ce mardi après-midi, a appelé au calme.

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« Candidat des Frères musulmans »

Mais il ne semble pas avoir été entendu. Nouvelle attaque frontale d’un ministre sous couvert d’anonymat mardi après-midi : « Hamon est le candidat des Frères musulmans« . Avant que Malek Boutih, soutien de Valls, n’en rajoute une couche un peu plus tard. « Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral« , affirme le député socialiste.
Vague d’indignations dans les rangs de Benoit Hamon. Pascal Cherki (député de Paris) regrette de porter le débat politique « à un tel niveau d’hystérie ». Yann Galut juge les déclarations de Manuel Valls « scandaleuses »… Bref, un joyeux bazar. Le débat d’entre-deux-tours s’annonce musclé. La fin de campagne aussi.

 

La tentation Macron ?

Cette guerre fratricide pourrait profiter à un homme que l’on n’entend beaucoup moins ces derniers jours : Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’économie est candidat hors primaire pour l’élection présidentielle. Et en cas de victoire d’Hamon, la tentation de la branche social-libérale du PS de rejoindre la « Marche » de Macron est grande. Cela signerait l’acte de mort du Parti socialiste. La formation politique n’a pas arrêté de se déchirer durant les cinq années de pouvoir de François Hollande. Comme un symbole, pour celui qui a passé 11 ans à la tête de la rue de Solférino…