15 ans après le drame d’AZF, qui avait coûté la vie à 31 personnes et fait 2500 blessés, la question des sites Seveso fait toujours du bruit sur Toulouse et sa région.

Sur le Grand Toulouse on compte aujourd’hui 11 sites classés seveso, c’est-à-dire des sites industriels qui présentent des risques d’accidents majeurs. Du centre-ville, à la périphérie il n’est pas rare d’en croiser ou même de vivre à côté.

C’est d’ailleurs cette dernière réalité qui fait bondir de nombreux riverains et associations. A Empalot, par exemple, l’usine Herakles (ou SNPE sur la carte) qui produit le carburant de la fusée Ariane est dans le collimateur de l’association « Coordination Seveso ». « On est réussi a obtenir pas mal d’évolution par rapport à ce qui existait au moment de la catastrophe AZF. Tout ce qui était stocké est maintenant stocké dans des conteneurs plus petits, qui ne font que 400kg », raconte Denis Moulin qui suit le dossier pour l’association. Ainsi, en cas d’accident l’explosion serait moins violente. Mais le vrai problème reste : si accident il y a un jour l’explosion ne toucherait pas que l’entreprise mais aussi le chemin des Etroits, où il y a de nombreuses habitations ainsi que la rocade qui passe tout près du site.

 

« Ca déborde encore un peu du site, notre objectif est qu’en cas d’accident et d’explosion ça ne déborde absolument pas du site. Ce n’est pas encore le cas. L’autre problème qui se pose, c’est celui du téléphérique urbain. » Car selon les plans, le futur téléphérique voulu par la municipalité passerait au-dessus du site et des produits inflammables. Et Denis Moulin d’avertir, « Ca pose réellement problème par rapport au transport et par rapport au chemin des Etroits qui est très encombré le matin. S’il y a un accident, il peut y avoir des morts. »

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La Fondeyre au coeur de nouvelles inquiétudes

A deux pas du centre-ville, c’est aujourd’hui la zone de la Fondeyre qui agitent riverains et associaitions. Et pour cause, c’est deux zones Seveso sont presque l’une à côté de l’autre. La première, un dépôt pétrolier Esso et la seconde, un cimetière à batterie font l’objet d’une enquête publique. Les Toulousains sont appelés à donner leurs avis sur le plan de prévention de ces deux sites. La Mairie et le Conseil départemental, eux, souhaitent tout simplement, la délocalisation des deux sites.

 

Des inquiétudes qui se concrétisent quand on sait que le site Esso stock 38 000 md’hydrocarbures, alimenté tous les jours dans le but d’approvisionner les stations-services des alentours. STCM, quant à lui, est chargé de recycler des batteries, ce qui l’amène à traiter des pâtes présentant un risque toxique. Depuis plusieurs années, les différentes municipalités demandent la délocalisation ou la suppression de ces sites, sans succès. Dans cette zone de 35 000 habitants, l’inquiétude grandit, surtout à l’heure où le projet de troisième ligne de métro comprend un arrêt « Fondeyre ». Dernièrement, une zone tampon a été demandée, qui obligerait les deux entreprises a déménager. Mais, pour les riverains, cette zone tampon serait encore trop près. Le débat public est ouvert jusqu’au 16 février.