Si le MMA commence à se démocratiser et à être accepté au sein de la société, certaines personnes restent contre la pratique de ce sport et approuvent l’arrêté anti-MMA mis en place par le gouvernement. C’est notamment le cas de beaucoup de médecins du sport qui jugent cette pratique ultra-violente et traumatisante pour les combattants.

Jean-Pierre PhamVan est médecin du sport. Adepte de judo et de taekwondo depuis de nombreuses années, il est très au fait de toutes les problématiques qui touchent les sports de combat et donc le MMA. Pour lui, en prenant cet arrêté interdisant les compétitions de ce sport, « le gouvernement a fait ce que l’on attend de lui ». En effet, ce qui compte avant tout selon lui, c’est de préserver la santé des combattants: « C’est primordial dans n’importe quel sport, et lorsque l’on frappe un adversaire au sol sans gants, on l’expose à de lourds traumatismes ». S’il ne voit pas souvent des patients venir le consulter pour des préjudices en rapport avec le MMA (l’absence de fédération rendant ce sport presque clandestin décourage le plus souvent les patients à en parler), il imagine très bien ce que les coups à répétition reçus par les combattants pourraient entraîner comme lésions, notamment au niveau du cerveau. « On sait que la Parkinson de Mohammed Ali était due aux nombreux chocs qu’il a reçu à la tête. Alors imaginez ce que cela pourrait entraîner dans un sport encore plus violent, où parfois on se bat sans gants, ce qui équivaut à se frapper la tête contre un mur ». Pour ce médecin et pratiquant de sport de combat, il faudrait avant tout adapter les règles de ce sport, afin qu’elles soient « plus dignes et respectueuses du combattant, de l’être humain ». Malgré tout ces arguments, que partagent bon nombre de médecins, la popularité du MMA ne cesse de croître, les fight club étant de plus en plus nombreux à le proposer. Pour Jean-Pierre PhamVan, c’est avant tout un phénomène de mode, un fait sociétal.  » La société a toujours été très friande de sensations fortes, et elle en veut toujours plus. On peut voir ça dans n’importe quel sport où on est toujours à la recherche de spectaculaire. Je pense qu’il en va de même pour le MMA, qui réunit toute une foule de sport de combat. »

« Ce sport, c’est notre liberté d’expression »

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Dans le MMA, on apprend aux combattants à se défendre, même au sol./ Photo Yannick Lonca

Mais si l’avis des médecins ne va pas en faveur de la pratique du MMA, la popularité de ce sport ne cesse de grimper. D’ailleurs, ses partisans ne comprennent pas pourquoi on voudrait leur interdire de pratiquer leur sport. C’est notamment le cas de Gaël Grimaud. Ce triple champion du monde de MMA milite actuellement contre cet arrêté. Pour lui, interdire ce sport est anti-démocratique. « Avoir choisi de pratiquer ce sport de combat, c’est notre droit. En prenant cet arrêté, le gouvernement nous empêche d’utiliser notre liberté d’expression ». C’est également un avis que partage Anthony Rea. Cet entraîneur de MMA au Fight Club Toulouse, un club de sport spécialisé dans les sports de combat, a lui aussi fait des compétitions à l’étranger. Pour lui aussi, cet arrêté ministériel n’a pas lieu d’être. Et l’argument essentiellement mis en avant par le gouvernement, c’est-à-dire l’interdiction des coups portés à un adversaire au sol car c’est irrespectueux et déshonorant, n’a pas lieu d’être. « Frapper un adversaire sans défense au sol, c’est déshonorant pour lui. Sauf que dans le MMA, un adversaire qui est au sol n’est pas sans défense. Tous les jours, on apprend aux élèves à justement contrer les coups portés au sol. Dans ce sport, le combat se passe aussi bien au sol que debout. » 

Pour l’heure, et malgré les protestations des pro-MMA, le gouvernement ne compte pas changer sa position sur l’arrêté. Les deux visions de ce sport sont donc condamnés à devoir s’affronter pendant encore quelques années. Alors phénomène de mode ultra-violent ou véritable sport de combat à part entière, seul l’avenir nous le dira.