Dans un récent rapport publié le 20 janvier, la Cour des Comptes a étudié la gestion financière de la ville de Lourdes depuis 2009. Il apparaît que de nombreuses irrégularités émaillent les comptes de la cité mariale, ainsi que certaines zones d’ombres, concernant notamment les travaux mis en oeuvre par la ville. Résultat, la Cour des Comptes tire la sonnette d’alarme et demande à la ville de Lourdes de réagir au plus vite.

Pour rendre ce rapport, la Cour des Comptes s’est appuyé sur l’étude de la gestion financière, des ressources humaines, la commande publique et le stationnement urbain de 2009 à 2014, c’est-à-dire sous l’ancienne municipalité de Jean-Pierre Artiganave. La première anomalie qui apparaît sur ce rapport est la situation financière de la commune. Actuellement, son autofinancement (c’est-à-dire la capacité de la commune a financé elle-même ses projets) a diminué de 1,7M d’euros entre 2013 et 2014. Selon le rapport, cela est surtout dû aux inondations de 2012. Sauf qu’aujourd’hui aucune solution n’a été trouvée pour sortir de cette situation.

Des horaires de travail insuffisantes

L’autre grand problème soulevé par ce rapport, c’est que la durée de travail annuel des employés de la mairie est inférieure à la durée réglementaire. En effet, les agents publics cumuleraient environ 1554 heures de travail annuel contre les 1607 heures prévues par la loi et qui équivaudraient aux 35 heures par semaine. Selon le rapport, ces avantages correspondraient à un déficit de 334 500 euros par an pour la commune. Cela entraîne également un surcoût des charges du personnel qui n’est pas négligeable.

Des dysfonctionnement graves dans la commande publique

Mais toutes ces anomalies ne sont que peu de choses en comparaison à celles que le rapport a révélé sur les commandes publiques. Les commandes publiques, ce sont tous les travaux pour lesquels la mairie fait appel à des entreprises privés. Et sur ce sujet, beaucoup de zones d’ombres entourent les travaux mis en place par la mairie. La première des choses reprochées à la mairie de Lourdes, c’est la non-mise en concurrence des entreprises lors de l’appel d’offre pour les travaux. Cette mise en concurrence est essentielle afin de laisser la chance à toutes les entreprises de pouvoir s’emparer du chantier, et permettre à la mairie de trouver le prix le plus abordable. La deuxième chose reprochée à la commune, plus inquiétante, c’est la facturation de prestations inexistantes. C’est notamment le cas de l’aménagement du chemin du Lac de Lourdes, pour lequel la société SCREG a reçu la somme d’à peu près 522 000 euros en 2012. Or, à l’heure actuelle, les travaux n’ont pas été fait dans leur intégralité. La dernière et plus étrange chose reprochée à la commune lourdaise, ce sont les travaux d’assainissement de la rue Mozart, pour laquelle la mairie aurait payé près de 194 000 euros alors que les travaux étaient facturés 77 050 euros.

De nombreuses zones d’ombres entourent donc le budget de la mairie de Lourdes, sur une période allant de 2009 à 2014. Pour remédier à ça, la Cour des Comptes conseille à la commune de réparer aux plus vite ces anomalies. Joint par la rédaction, la mairie de Lourdes n’a cependant pas souhaité s’exprimer sur ce sujet.