L’agence Santé publique-France souhaite généraliser le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis. En France ce cancer tue 1100 femmes par an.

3000. C’est le nombre de femmes touchées, chaque année, par le cancer du col de l’utérus. Ce cancer est le dixième le plus fréquent chez la femme en France. Ces tumeurs provoquent la mort de 1100 femmes par an. Il s’agit du seul cancer dont le pronostic se dégrade en France, puisque le taux de survie a diminué de cinq ans. Mieux vaut donc prévenir que guérir. C’est pourquoi, les autorités médicales veulent généraliser le dépistage d’ici 2018. Le frottis cervico-utérien est à l’heure actuelle le seul moyen de détecter précocement la présence ou non de ces cellules précancéreuses. Avec ce plan, les femmes âgées de 25 à 65 ans devront effectuer un examen médical tous les trois ans. Le dépistage devrait ainsi permettre d’éviter neuf cancers du col de l’utérus sur dix.

17 millions de femmes sont concernées par le dépistage

Malgré les moyens médicaux mis en place, les campagnes de sensibilisation… en France encore 40% des femmes de 25 à 65 ans ne réalisent pas régulièrement de dépistage individuel. « Et cette proportion est d’autant plus élevée qu’elles sont éloignées du système de santé et de faible catégorie socioprofessionnelle », déplore François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, et Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, dans leur éditorial du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.

Une expérimentation a d’ores et déjà été menée dans treize départements : « Le taux de couverture global du dépistage a été amélioré de 12 points, pour atteindre 62 % de la population cible. Toutefois, il faut noter une très grande variabilité selon les départements, allant de 41,6 % à 72,5 %. Les jeunes femmes (moins de 35 ans) se font davantage dépister que les plus âgées (60-65 ans) », ont expliqué les professeurs Bourbillon (président de la Commission spécialisée Prévention, Éducation et Promotion de la santé) et Ifrah (président du conseil d’administration de l’INCa), au quotidien Le Monde.

Par ailleurs, une évaluation médico-économique a assuré l’importance du dépistage organisé. Il devrait ainsi permettre de réduire l’incidence des cancers du col utérin de 13 % à 26 %, avec des gains d’espérance de vie. Le cahier des charges complet du programme, lancé par l’Institut national du cancer, sera publié fin 2017.