La Turquie avance vers un changement de constitution qui pourrait donner plus de pouvoir à l’exécutif et donc au Président Erdogan.
Le 21 janvier le Parlement turc a adopté en seconde lecture un projet de révision de la constitution. Le vote, qui est passé d’une relative justesse avec 339 voix en sa faveur, soit uniquement 9 voix de plus que le minimum requis, ouvre la voie à un référendum au printemps pour redéfinir les limites du pouvoir présidentiel.

En effet, sous ce changement de constitution, le poste de Premier ministre disparaîtrait, et les pouvoirs de celui-ci seront récupérés par le présidant, en l’occurrence Reccep Tayyip Erdogan. Il aura donc le pouvoir d’appeler et de limoger des ministres comme il lui plaira. En outre, les élections présidentielles et législatives tomberont en même temps, et, article le plus décrié par les détracteurs du changement, le président pourrait directement intervenir dans le fonctionnement de la justice, dont l’indépendance ne sera donc plus assurée.

Le principal parti de l’opposition, le Parti Républicain du Peuple ou le CHP, décrie une dérive autoritaire du président Erdogan, et s’inquiète du futur de la République d’Atatürk, alors que l’AKP, le parti d’Erdogan, défend, lui, les réformes, en expliquant que la Turquie a besoin d’un renforcement des pouvoirs centraux pour faire face à la menace de Daech, et la vague de terrorisme Kurde.