Gérard Larcher (LR), président du Sénat, était l’invité politique Alexandra Bensaid sur France Inter ce jeudi 19 janvier.

À quelques heures d’une rencontre avec Pierre Gattaz, Gérard Larcher était dans les studios de France Inter, et le socialiste n’avait pas sa langue dans la poche. Soutient du candidat de droite à la présidentielle, Gérard Larcher souhaite le démarquer : « François Fillon n’est pas le candidat du système Medef. D’ailleurs, je recevrais Pierre Gattaz tout comme j’ai reçu Mr Martinez la semaine dernière ». Face aux questions d’Alexandra Bensaid, Gérard Larcher a ensuite préféré changer de sujet et parler « ce n’est pas le sujet, le vrai sujet, par rapport au système et anti-système, c’est comment on sort de près de 9 millions de pauvres, comment on sort de 25 % de jeunes qui ont de grandes difficultés à rentrer dans l’emploi, si c’est ça être anti-système, je suis anti-système. Au fond, on s’est habitué à la pauvreté et au chômage, ça c‘est le pire des systèmes ». Le président du Sénat dit avoir pour principaux objectifs l’emploi et la production de richesse, s’indignant « on a quand même près de 120 milliards d’euros de dette cumulée sur la seule sécurité sociale ». Après avoir rappelé son parcours de dirigeant des hôpitaux publics, il a tenté d’expliquer qu’il « faut créer des ressources avant de dépenser, nous dépensons actuellement sans avoir créé de ressources ».

Dans son programme, François Fillon annonce vouloir, pour créer de l’emploi et lutter contre la pauvreté, baisser les charges des entreprises. Une volonté confirmée par Gérard Larcher à hauteur de 40 milliards d’euros. « Ce n’est pas tout à fait vrai de dire que le CICE n’a pas marché pour François Hollande et pourtant, je ne suis pas chargé ici d’en faire la défense. Cette réalité, elle permet à un certain nombre d’entreprises notamment du secteur compétitif et du secteur industriel d’avoir tenu. Car la réalité de ce pays, c’est la poursuite de la désindustrialisation, c’est la destruction de l’emploi ». Le soutien de François Fillon a ensuite rendu hommage à l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder « le résultat, on le connaît, moitié moins de chômage aujourd’hui. Avec un oublie chez Schröder, il l’a reconnu ensuite, la lutte contre la grande pauvreté ». Une cause qui serait sa principale priorité.

Si comme le souligne Alexandra Bensaid, certains au Républicains ne sont pas tous d’accord avec cette volonté d’imiter le modèle allemand à l’image de Rachida Dati, Gérard Larcher n’en démord pas. « Bien sûr, il faut écouter tous nos collègues, mais on ne peut pas s’accoutumer à un pays qui a près de 9 millions d’hommes et de femmes pauvres que le gouvernement soit de centre, de gauche ou de droite. La priorité doit être l’emploi ». Selon lui, augmenter la TVA n’aura que très peu d’impact sur le pouvoir d’achat.

À propos d’Emmanuel Macron qui fait de plus en plus parler de lui, Gérard Larcher consent, « C’est vrai qu’il y a une bulle Macron. Je ne sais pas si (...) être ni de gauche ni de droite est une attitude d’homme politique. Ce que je sais, c’est qu’Emmanuel Macron dit tout et son contraire. À New-York, il disait que la France était un État Jacobin et aujourd’hui, il dit qu’il ne faut rien changer. Il faudrait que Macron propose un vrai projet et dépasse ses postures. » Pour clore cette interview et en rigolant sur sa passion des chevaux de course, Gérard Larcher se dit absolument pas inquiet et rappelle « j’étais dans le système un peu paysan, un peu éleveur. Ce n’est pas mauvais par les temps qui courent.«