Sensibiliser et informer sur la problématique du don d’organes, de tissus et de moelle osseuse. Tel est l’objectif principal de l’Association pour le Don d’Organes et de Tissus 31. Rencontre avec son président, Serge Goutchtat.

Il y a en France un véritable manque de donneurs d’organe. En effet, sur l’année 2015, plus de 21 000 personnes se trouvaient sur liste d’attente dans l’espoir de recevoir un greffe, mais seulement 5 745 en ont obtenu une, soit à peine plus de 27 %. Afin de sensibiliser et  »recruter » de nouveaux donneurs, l’Association pour le Don d’Organes et de Tissus 31 (ADOT 31) se mobilise. Comment ? En allant à la rencontre, les citoyens avec des stands lors d’évènements ou en distribuant des flyers explicatif. Car si l’objectif est évidemment qu’il y ait plus de donneurs, la véritable problématique autour du don d’organes se trouve dans le manque d’information.  »Nous ne sommes pas une association de malade, nous faisons de l’information », explique le président de l’ADOT 31, Serge Goutchtat.  »La mort est un tabou en France et ça c‘est un problème, car à cause de cela, on évite d’aborder des sujets comme le don d’organes, même avec ses proches. Il faut changer cela », explique-t-il. Et pour cela, son association ne manque pas d’idée. Notamment au niveau de la jeunesse.  »On va à la rencontre des jeunes en faisant des interventions dans les collèges et lycées avec un conférencier et un témoin. Le but est de faire réfléchir ces jeunes sur le sujet et qu’ensuite, ils en parlent autour d’eux, avec leurs parents, leurs amis afin que si un jour la question se posent, quelqu’un puisse répondre, oui ou non cette personne était pour le don d’organes », indique Serge Goutchtat. Toute publicité étant bonne à prendre, le président de l’ADOT 31 a d’ailleurs apprécié que ces derniers temps le sujet soit devenu plus médiatique même si c’est en lien avec une information inexacte de la part des médias sur la loi du 1er janvier 2017.

 

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La France est véritablement en retard sur le don d’organes et de tissus selon le président de l’ADOT 31, chiffre à l’appui : « on est un pays de presque 70 millions d’habitants et pourtant, il n’y a eu que 248 000 dons d’organes sur l’année 2015. À titre de comparaison, en Belgique, il y en a eu presque trois fois plus avec plus de 600 000 avec beaucoup moins d’habitants. Et en Allemagne, ils sont à peine plus nombreux que nous et pourtant, ils sont 6 millions de personnes à faire des dons d’organes. On a beaucoup de travail devant nous. » Si l’information sur les dons d’organes est aussi importante pour cette association et les professionnels de santé, c’est tout simplement parce que trop souvent les proches d’une personne en état de mort cérébrale ne connaissent pas sa position sur le don d’organes et préfèrent refuser dans le doute. Dans l’objectif de renseigner le plus de personnes possible, des stands avec des bénévoles sont mis en place lors de certains évènements comme pour le meeting aérien Des Étoiles et des Ailes à l’aéroport de Toulouse Francazal ou lors des collectes de sang de l’ESF.

Alors que vous soyez favorable ou non au don d’organes, n’oubliez pas, l’important, c’est de le dire à vos proches, car chaque don peut sauver plusieurs vies.

 

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