Manuel Valls était en meeting ce samedi 14 janvier à Tournefeuille à la rencontre de ses sympathisants de Haute-Garonne. Retour sur le discours du candidat de la Primaire de gauche.

La salle du Phare de Tournefeuille (31) recevait du beau monde ce samedi avec la venue de Manuel Valls. Actuellement en campagne pour la Primaire de gauche, l’ancien Premier ministre était en terrain conquis avec la présence notamment de Carole Delga, présidente de la région Occitanie, ainsi que de plusieurs élus dont le maire de la commune, ??. C’est d’ailleurs lui qui a prononcé le premier discours introductif avec remerciements et rappel du besoin de mobilisation de la gauche pour ces primaires avant d’assurer son soutien au candidat. Il a ensuite été succédé par Carole Delga qui a de son côté insisté sur sa volonté de « ne pas avoir à faire de choix entre Jean-Luc Mélenchon et sa volonté destructrice et ceux qui se disent ni de gauche ni de droite ». Elle en a profité pour adresser un tacle aux candidats à la présidentielle des autres partis avec cette pique : « ce n’est pas d’un châtelain ou du clan Le Pen dont la France a besoin, mais d’un homme qui parle au peuple ».

Lutte contre l’extrême droite

C’est après ce deuxième discours qu’est arrivé, sous les acclamations dès près de 1 000 sympathisants, un Manuel Valls souriant qui a tout de suite commencé par louer les mérites de la région Occitanie en rappelant ses origines catalanes et en rappelant l’accueil des Espagnols fuyant le francisme et sa propre histoire. Pour l’ancien Premier ministre, le plus dur étant de se séparer de son action en tant que ministre de l’Intérieur puis de son poste à Matignon, il fallait commencer ce discours par appeler à soutenir ce qu’il appelle « les nouvelles têtes de la politique », prenant pour exemple Carole Delga et annonçant, s’il est élu, « une nouvelle vague de femmes, et d’hommes, mais surtout de femmes politiques ». Après ce départ en douceur, les choses sérieuses ont très vite été abordées avec une attaque directe contre l’extrême droite. « A tout ceux qui veulent remettre en cause la politique, le syndicalisme ou la liberté de la presse au nom de la démocratie, je leur dis non, car la démocratie, c’est vous, c’est eux, c’est nous. L’extrême droite n’est pas un parti comme un autre et je n’accepte pas que le FN nous fasse des leçon de démocratie et de démocratie alors qu’il bafoue ces notions. » Manuel Valls a tenu à se placer en véritable rempart contre le Front National, rappelant les principales mesures souhaitées par le parti de la famille Le Pen avant d’exprimer sa volonté : « je ferai tout pour être contre le candidat de la droite au second tour de l’élection présidentielle. Car je n’accepte pas l’idée que le FN puisse se retrouver au second tour, je le refuse », a-t-il lancé avec véhémence.
François Fillon n’a pas été en reste puisque vers lui aussi ont été tournées certaines paroles de Manuel Valls qui juge le candidat de la Droite et du Centre prisonnier de son programme avant de se lancer dans une comparaison audacieuse. « Vous imaginez un candidat qui exprime sa conviction d’un intégrisme musulman ? Le tollé que cela provoquerait à droite et à l’extrême droite ? Alors comment pouvons nous accepter celle d’un candidat contre l’IVG ? Cette loi portée par Simone Veil sous Valéry Giscard d’Estaing et avec Jacques Chirac comme Premier ministre. Avec une conviction sans lien avec la laïcité ?« , a martelé le candidat à la primaire avant d’attaquer François Fillon sur ses propositions ultra libérale.

L’école et la défense de la laïcité en fer de lance

« Je veux rassembler les écologistes, les progressistes et tous les Français », a-t-il ensuite annoncé avant de rappeler que  »être de gauche c‘est une capacité à s’indigner, à ne pas accepter d’être dominé. La gauche est une famille et j’en fais partie. » Le candidat n’a pas souhaité attaquer François Hollande dont il fut ministre pendant ces dernières, louant son action dans la lutte contre le terrorisme, rappelant son action en 2013 en décidant d’intervenir au Mali. « Nous avons fait beaucoup depuis 2012 et j’en assume le bilan », a-t-il déclaré avant de parler de l’Europe. « C’est trop facile de faire de l’Europe un bouc émissaire. Je suis européen. L’Europe n’est pas sans limite, nous devons redonner du sens au projet européen ». Pour cela, il propose de réformer l’Europe autour de deux projets : « protéger les Européens en défendant nos frontières continentales, car derrière se trouve le libre espace Schengen, mais aussi en les protégeant de la concurrence sauvage et investir dans leur avenir. Il faut aller plus loin dans la défense intérieure pour ne pas remettre en cause la liberté de circulation ».
Parmi les grandes causes défendues par Manuel Valls, la défense de la laïcité est un sujet qui lui tiens à cœur et pour cela, il propose « la création de 1000 postes par an dans les forces de l’ordre ainsi que de 1000 postes de magistrats sur cinq ans. Je ferai porter le budget de la Défense à 2 % du PIB. Il faut assumer ces dépenses publiques. La gauche, c’est la sécurité, l’autorité de l’État, la protection des plus modestes. C’est cela qu’un président de la République doit assumer dans ses actes. Car non, tout ne va pas bien. Les fondamentalistes, les intégristes, le communautarisme défient chaque jour les valeurs de la république. Nous ne pouvons pas accepter l’interdiction des femmes dans l’espace public ». Et pour sauvegarder la laïcité, le candidat ne compte pas qu’au niveau des forces de police et de la justice. Il associe cette lutte avec une autre, la défense du système scolaire français. « Il faut que renforcer l’école, soutenir les professeurs qui font le plus beau métier du monde. La citoyenneté, ça s’apprend à l’école, mais c’est aussi l’objectif du service civique obligatoire que je veux instaurer. Les jeunes doivent pouvoir agir ensemble. Il faut qu’il s’engage dans la police, l’armée, dans les associations, dans l’humanitaire. Je pense que les jeunes donnent six mois pour servir la France, c’est un beau projet.« 

Au bout d’un peu moins de deux heures de parole durant lesquelles il a aussi abordé les questions des déserts médicaux, du revenu minimal de base pour lequel il n’est pas entièrement favorable, du malaise de la ruralité française ou encore du chômage, Manuel Valls a entonné la Marseillaise, mains dans la main avec ses soutiens politiques locaux puis a laissé ses sympathisants après un dernier bain de foule, pour leur plus grand plaisir.