La start-up toulousaine Skylights, implantée à Labège, a créé des lunettes immersives qui transportent les passagers d’un avion en plein cœur d’un cinéma privé.

Imaginez-vous confortablement installé dans un fauteuil de cinéma, vous êtes venus voir le dernier film au box-office. Vous êtes assis à la meilleure place, au centre, ni trop loin, ni trop près de l’écran. Vous avez toute la salle obscure rien que pour vous. Et pour une fois, le son ne vous déchire pas les oreilles à chaque « boum »… En fait, vous êtes à 36 000 pieds, à bord d’un vol long-courrier ou moyen-courrier. Votre voisin ronfle, et le bébé installé trois rangs derrière s’est mis à pleurer.

Grâce à des lunettes immersives, Skylights a recréée l’ambiance d’une véritable salle de cinéma. Cette idée est née dans la tête de deux passionés. L’un, David Dicko, était directeur de l’innovation et pilote de ligne chez AirFrance-KLM. L’autre, Florent Bolzinger, docteur en biomécanique. « Les casques de réalité virtuelle étaient en plein essor, et ils ont voulu adapter cette nouvelle technologie au divertissement aérien », explique Kévin Poutissou, responsable développement produit & industrialisation. En 2015, les deux associés ont monté leur entreprise avec trois autres spécialistes des nouvelles technologies, Laurence Fornari, Kévin Poutissou et Rateb Zaouk. Aujourd’hui, Skylights emploie douze personnes reparties sur trois sites, un à Paris, un à Toulouse, et le troisième à San Francisco

Le casque est léger, petit, et simple d’utilisation./ S.T.-N.

À la conquête de l’Amérique

Un an plus tard, les premières lunettes immersives sont commercialisées. Après de nombreux prototypes et plusieurs phases de tests, la start-up installée au sein de l’IOT Valley à Labège, a trouvé un client, XL Airways, a intégré depuis mai 2016 ce nouveau mode de diffusion de film. Seulement, pour pouvoir avoir son propre cinéma, cela à un coût, comptez environs 15€ pour l’utiliser durant le vol entier.

La bibliothèque de film, elle, est directement gérée par Skylights. « Nous détenons les droits de diffusions de 20th Century Fox et de Dreamwork. Nous créons un catalogue personnalisé pour chaque compagnie, et nous les mettons à jour depuis Toulouse » précise Kévin Poutissou.

Mais séduire quelques compagnies aériennes ne suffit pas. Pour conquérir les plus gros clients, que ce soit les studios de productions hollywoodiens ou les grosses compagnies aériennes, il faut être présent sur place. « Cet été, nous avons eu la chance de rejoindre un incubateur Ycombinator, en plein cœur de la Silicon Valley. Nous avons fait une grosse levée de fonds pour attirer les investisseurs, et cela à fonctionné, notamment avec les compagnies intérieures », s’enthousiaste Kévin. 

Les lunettes Skylights entendent révolutionner le divertissement à bord./ S.T-N.

Divertissement 2.0

À première vue, on dirait des lunettes de réalités virtuelles classiques. Mais pour l’adapter à l’environnement restreint de l’avion, les concepteurs ont dû s’adapter.  À travers les lunettes, le passager voit un grand écran de cinéma. L’image est donc fixe, si l’utilisateur tourne la tête, il ne pourra pas se déplacer dans le cinéma, contrairement aux jeux de réalité virtuelle. S’il tourne la tête, il verra toujours devant lui l’écran de cinéma « cela permet de limiter le mouvement des voyageurs, car l’espace est très restreint » explique le responsable en développement. Ergonomique et léger, l’avantage des lunettes immersives par rapport au casque de réalité virtuelle, c’est que tout est inclus dans les lunettes, pas besoin d’ordinateur branché à côté ou d’une console. Le seul fil à connecter, c’est celui du casque auditif.

Le seul hic, c’est son prix. D’une part, car c’est une technologie encore peu développée, qui demande un long travail de conception et de mise en application. D’autre part, car c’est un produit adapté aux normes de l’aéronautique, et il y a de nombreuses certifications à avoir pour rentrer l’appareil dans un avion.

« Sky is the limit »

Skylights, grâce à sa technologie est entrain de révolutionner le marché du divertissement aérien. Selon nos confrères du Parisien, la qualité du divertissement est le premier critère de choix pour de la réservation des billets. Nous n’en saurons pas plus sur les noms des autres clients, mais certaines compagnies ont déjà validé les phases de tests, nous confie Kévin. Le prochain objectif de la start-up est de conquérir les « grosses » compagnies aériennes, ayant un rayonnement international, et cela semble être sur la bonne voie. Il ne manque plus qu’à intégrer un paquet de pop-corn pour atteindre le septième ciel.

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=QvORICkR9Yc[/embedyt]

Sarah Thuault-Ney