Armer les policiers municipaux de Blagnac, tel été le souhait de l’opposition et Bernard Keller avait finalement céder juste après les attentats de janvier 2015 durant lesquels une policière municipale avait trouvé la mort, tuée par balle. Et depuis quelques jours, ce souhait est devenu réalité. 

C’est une mini-révolution dans le travail de quinze des vingt et un policiers municipaux de Blagnac. Depuis plusieurs jours, ils sont, en effet, équipés d’armes à feu, des revolvers 38 spéciaux. Longtemps point de discorde entre le maire, Bernard Keller (PRG), et son opposition, l’armement de la police municipale est un véritable point de satisfaction pour les policiers : «Nos agents ont été très satisfaits de se savoir enfin armés. Mettre à disposition des armes à feu à toutes les Polices Municipales de France est une revendication qui date de 20 ans», explique Bertrand Calas, vice-président du syndicat national de la Police Municipale. «C‘est le maire qui dirige les polices municipales et donc seul lui peut prendre la décision d’armer les agents. Bernard Keller a longtemps était opposé à armer les agents jusqu’aux tragiques événements de 2015».

Une formation pour un véritable besoin

Une fois les démarches administratives finies, trois examens sont nécessaires au port d’armes. Deux jours avec un magistrat suivi d’un test puis deux autres jours, en salle, à étudier la sécurité suivi d’un nouveau test. Enfin, dix jours de maniement des armes et de test en situation sont à réussir avant de pouvoir obtenir le permis. «Nos tests d’aptitude sont beaucoup, beaucoup, plus encadrés que ceux de la Gendarmerie ou de la Police Nationale, ce sont les plus difficiles qui existent». Porteur du projet, David Gerson (LR) se félicite lui aussi du nouvel équipement des policiers municipaux : «C‘est l’accomplissement d’un projet, en novembre 2014 j‘avais demandé à ce que les policiers municipaux soit demandé afin qu’ ils soient plus légitimes en terme de répression. On se rendait compte qu’au niveau des délinquants, ils savaient très bien que ces agents n’étaient pas armés donc il y avait un risque majeur pour leur vie».

Des détracteurs «qui n’ont pas la conscience du terrain»

Pour certains élus blagnacais«notamment les communistes et les plus à gauche» selon David Gerson, les réticences étaient nombreuses. La faute à un manque d’information sur les prérogatives et le rôle des agents. «Il y a une façon de penser que la police municipale est là plus pour faire la circulation, la sortie des écoles ou distribuer des PV alors qu’en vérité ils ont tout à fait les moyens de verbaliser, arrêter ou menotter une personne. Ils ne peuvent juste pas placer cette personne en garde à vue, ils doivent l’emmener à un commissariat de police nationale. Mais je pense que la communication sur le rôle des policiers municipaux n’est pas assez présente». Dans un sondage que nous avons effectué, seulement 44% des sondés estiment être pour que les policiers municipaux soient armés, craignant à 38% qu’ils ne sont pas assez formé et à 12,5% qu’ils vont « jouer au cow-boys ». Mais pour Bertrand Calas, les détracteurs des armes à feu pour les policiers municipaux «n‘ont tout simplement pas conscience de la réalité du terrain. Pourquoi un policier national ou un gendarme à le droit de vivre et pas nous ? Quand vous êtes journalistes, vous avez besoin d’un stylo et d’une caméra, quand vous êtes chirurgien, vous avez besoin d’un bloc stérile et d’un bistouri, et bien quand vous êtes policiers vous avez besoin d’être armé».