Jon Palais, militant landais, a été jugé aujourd’hui pour avoir volé quatre chaises, en octobre 2015, dans une BNP Paribas de Paris. Il risque cinq ans de prison pour « vol en réunion » et 75 000 euros d’amende. Il connaîtra le jugement le 23 janvier prochain. 

A 13h30, le procès s’est ouvert au palais de justice de Dax. Jon Palais était représenté par Eva Joly, ex candidate à la présidentielle de 2012. Elle est, depuis, devenue avocate. La partie civile, la BNP Paribas n’avait pas d’avocat. Une « chaise vide », reprochée par le procureur de la République, Jean-Luc Puyo. Jon Palais a d’abord assuré que ce vol était « une manière de dénoncer le vol constitué par un système organisé d’évasion fiscale ». Des témoins sont ensuite venus le soutenir, comme le journaliste du quotidien La Croix, Antoine Peillon, qui a plaidé « l’action citoyenne ». Un courrier de la BNP Paribas est arrivé à la suite de ces auditions, demandant un euro symbolique à l’accusé. Le procureur a, lui, requis « une dispense de peine de nature à satisfaire les intérêts de la société ».

Pour sa dernière plaidoirie, Eva Joly a rappelé l’utilisation des paradis fiscaux par la BNP. Elle a demandé une relaxe pour les deux infractions dont Jon Palais est accusé : vol en réunion et prélèvement d’ADN. Après deux heures de procès, l’affaire a été mise en délibéré. Réponse dans deux semaines.

Un procès contre l’évasion fiscale.

Le militant altermondialiste voulait faire de ce procès un procès contre l’évasion fiscale. A l’extérieur du tribunal, il a réuni près d’un millier de personnes pour soutenir sa cause. Parmi eux, des politiques comme Yannick Jadot ou Benoît Hamon, venus discuter de l’évasion fiscale dans une table ronde.

Jon Palais est le premier des « faucheurs de chaise » à être jugé. Les faits s’étaient déroulés à l’occasion de la conférence sur le climat de 2015, la COP 21. Jon Palais et une centaine de militants écologistes et altermondialistes avaient volé 196 chaises (représentant les 196 personnes présentes à la COP) dans les banques complices d’évasion fiscale. Ils voulaient souligner le l’intérêt de contrôler les évasions fiscales, afin de financer la transition écologique.