Avec 8 sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la région Occitanie a de quoi répondre aux attentes des touristes, mais aussi des habitants de la nouvelle région. Paysages, ponts, villes, plusieurs types de structures sont incorporés dans ce patrimoine mondial, aux quatre coins du Languedoc/Roussillon Midi-Pyrénées.  C’est le pont du Gard, en 1985, qui fait office du plus ancien site classé à l’Unesco classée en Occitanie. Entre-temps, on retrouve le Canal du Midi, la cité épiscopale d’Albi ou encore les Causses et Cévennes qui se trouve sur 4 départements (Aveyron, Gard, Hérault et Lozère). Dernièrement, c’est la ville de Nîmes qui a déposé sa candidature pour s’inscrire au patrimoine UNESCO. Mais être inscrit au patrimoine mondial, crée en 1978, constitue-t-il une garantie économique certaine ?

Date de construction des sites classés au patrimoine mondiale de l’Unesco en Occitanie

Date d’inscription des sites en Occitanie au patrimoine mondial de l’Unesco

Quels sont les critères à remplir pour être classé au patrimoine UNESCO ? Comme le signale le site officiel de l’UNESCO, dix critères sont à remplir, mais le site doit, avant tout, « avoir une valeur universelle exceptionnelle ».

Avec un chiffre d’affaires de 6,7 millions d’euros par année, le Pont du Gard constitue un élément fort économiquement pour le département du Gard. Le site du Languedoc-Roussillon le plus visité en 2011 avec 1,4 million de personnes (dont 40 % d’étrangers), est aussi l’un de ceux où les visiteurs dépensent le plus avec en moyenne 35 € par personne. Une enquête menée par ICOMOS France (Conseil International des Monuments et des Sites) a ainsi pu prouver que l’influence économique du Pont du Gard se faisait ressentir jusqu’au Sud-Est de la France et notamment la ville de Lyon. Chaque année le site génère 135 millions d’euros pour la région. 112 emplois à temps plein ont aussi été créés pour la maintenance de ce patrimoine mondial. Pour aider sa construction d’un coût de 32 millions d’euros, le site a été financé par l’ État dans le cadre d’une opération Grand Site National avec l’aide de collectivités locales, de l’UNESCO et de l’Union Européenne.

Située entre la France et l’Espagne et inscrit au patrimoine mondial depuis 1997, les Pyrénées Mont-Perdu constituent en ensemble montagneux et culturel. Le site englobe plusieurs éléments qui font la force de ce patrimoine. Une partie du parc national des Pyrénées constitué du cirque de Gavarnie, Estaubé et Tromouse. Mais aussi du parc National Ordesa y Monte Perdido, situé à Aragon, une communauté au nord de l’Espagne. En moyenne, ce sont 1,5 million de visiteurs qu’accueille le Parc des Pyrénées chaque année et près de 80 % d’entre eux fréquente les hôtels et camping. En 2014, le site de Gavarnie avait lui accueilli plus de 268 000 personnes.

Quatrième ville la plus peuplée de la région Midi-Pyrénées, après Toulouse, Montauban et Tarbes, Albi et ses 46 000 habitants représente une population non négligeable pour la visite des sites touristiques. Patrimoine mondial depuis 2010, la cité épiscopale d’Albi est le seul patrimoine mondial du département tarnais. Avec son ensemble principalement médiéval, la cité épiscopale d’Albi a accueilli 30 % de visiteurs en plus depuis son inscription à l’UNESCO avec une fréquentation touristique multiplié par cinq depuis la même année. Les offres culturelles en profitent aussi, étant donné le taux de remplissage du théâtre de la scène nationale d’Albi (900 places) dont le taux de remplissage est de 100 % depuis sept ans. Sans aucun doute, l’inscription au patrimoine mondial, aura augmenté le nombre de touristes de la ville, mais aussi son potentiel économique, en atteste les chiffres en termes de visites, d’hébergements et de restauration rapide.

La Cité de Carcassonne et les Pyrénées Mont-Perdu, site les plus visités

Avec ses 302 319 hectares de bien, l’espace naturel des Causses et des Cévennes a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2011. À l’intérieur de cette zone, pas moins de 63 000 habitants y habitent dans 127 villes différentes. Cette espace classé dispose aussi d’une zone tampon de 312 425 hectares visant simplement à protéger la zone cœur. Aujourd’hui, les scientifique s’accordent à dire qu’environ 2 410 espèces animales vivent là-bas, ainsi que 2 300 espèces végétales.

Commencée en 1667, l’œuvre de Pierre-Paul Riquet permettant de relier la Garonne à la Méditerranée, a été inaugurée en 1680, et finalement achevée en 1694. Long de 360 km, le Canal du Midi est désormais classé depuis 2011, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malheureusement, la plupart des 42 000 platanes qui bordent cet ouvrage sont atteints du chancre coloré, et ont dû être abattus. Déjà 17 370 platanes ont été arrachés, mais 5 700 ont été pour le moment replantés. Cette vaste opération s’inscrit dans l’optique de la prochaine évaluation de l’Unesco en 2019, qui jugera si oui ou non le site perdra sa classification. Le service des Voies Navigables de France finance le projet, mais la région Occitanie assure qu’elle financera à hauteur de 50 % l’ensemble de la replantation, soit la moitié des 220 millions euros nécessaires. Quant à l’État, l’Unesco le porte garant du devenir du bien, et de son bien être et devra sans doute agir si l’avenir du site est en danger. Bien qu’entre 2013 et 2014 la fréquentation a subit une lourde baisse de 25 %, le Canal du Midi n’en demeure pas moins attractif.

Enregistré en 1997 au patrimoine mondial de l’Unesco, la cité médiévale de Carcassonne est vieille de plus de 2 000 ans. Ce classement permet à l’État de recevoir des subventions pour l’entretien du site. En contrepartie, il doit respecter l’architecture des lieux lors de constructions ou de rénovations et doit ouvrir la Cité aux visiteurs. Entre 1998, année qui a suivi l’entrée au classement mondial, et 2004, le nombre de visiteurs à l’entrée du château et des remparts est passé de 256 500 à 362 450. Aujourd’hui, bien que les 11 hectares de terrain soient reconnus par une grande organisation, l’attractivité de ce site historique perd de sa force, au point voir la fréquentation annuelle des visiteurs baisser de 15,25 % entre 2012 et 2015.

Nombre de visiteurs des monuments classés à l’UNESCO lors de l’année 2015

Ainsi, la classification « Patrimoine mondial de l’Unesco » a permis à ces six sites en Occitanie d’être préservés et entretenus plus facilement grâce aux aides financières.  Mais ce n’est pas le seul impacte positif puisque, ce titre a permis d’augmenter le nombre de visiteurs annuels pendant plusieurs années, et les dépenses liées directement à la fréquentation telles que les réservations d’hôtels et les achats de restauration rapide. Pour ces sites en Occitanie, l’Unesco a été et est toujours une garantie économique certaine.