Le saviez vous ? Plus d’un cinéma sur deux en France est un établissement classé art et essai. Et ça, même si, depuis quelques années, on remarque de nombreux cinémas multiplexes, s’implanter un peu partout en France. Et le moins que l’on puisse dire c’est que leur croissance est considérable !

Entre 2005 et 2015, la part des établissements multiplexes dans le parc cinématographique français est passée de 7,2% à 9,5%, tandis que la part des écrans de multiplexes est passée de 32,4% du total des écrans à 39,3%, selon le dernier rapport de la CNC concernant les multiplexes. Aujourd’hui ces établissements regroupent 59,9% des entrées, soit plus de la moitié. Face à eux, on retrouve les cinémas indépendants classés art et essai. À l’inverse des multiplexes, ils prônent un cinéma produit en dehors des grands studios avec un petit et moyen budget, par opposition aux blockbusters. Les films que proposent à l’écran ces cinémas indépendants réclament une certaine autonomie par rapport aux méthodes de production du cinéma populaire. Ces salles, facilitent donc l’accès à une certaine diversité cinématographique.

On pourrait croire qu’avec un tel essor des multiplexes en France, ces salles de cinéma indépendantes seraient en danger. Mais le sont-elles réellement ?

QU’EST CE QU’UN MULTIPLEXE ?

Un multiplexe est un établissement cinématographique de 8 écrans et plus. Les films du cinéma dit « populaire » ainsi que les « blockbusters » sont souvent à l’affiche au sein de ces salles de cinéma. Les trois premiers circuits de multiplexes à savoir : Gaumont-Pathé, UGC, CGR détiennent 52,1 % de parts de marché, en France.

QU’EST CE QU’UNE SALLE DE CINÉMA INDÉPENDANTE ?

Une salle de cinéma indépendante, projette des longs et courts-métrages produit en dehors des grands studios avec un petit et moyen budget, par opposition aux blockbusters. Ces cinémas sont recensés dans le classement des établissements Art et Essai. Il en existe aujourd’hui, 1 162 en France.

Etat des lieux

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On remarque à travers ces chiffres qu’il y a quatre fois plus de cinémas arts et essai en France que de multiplexes. Pourtant, leur nombre d’écrans est presque identique. Et quand on comptabilise le nombre de fauteuils on distingue très clairement que les établissements multiplexes en ont plus. Autrement dit, même si les cinémas arts et essai sont nombreux en France et occupe un peu plus de 52 % du parc cinématographique, ce sont les multiplexes qui peuvent accueillir le plus de monde. En occupant seulement 9,5% du parc cinématographique, ces derniers représentent 59,9% des entrées !

 

Les cinémas qui possèdent le label

Mais pour bien comprendre l’importance des cinémas Art et Essai en France, il faut tout d’abord en maîtriser la notion.

Un cinéma obtient le label Art et Essai suite à une procédure menée par le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée). L’exploitant envoie un questionnaire qui est examiné par une commission de 20 personnes : des représentants d’Etat, de la profession, un membre de la critique et des personnalités qualifiées.

Un cinéma peut prétendre à ce label lorsqu’il projette une certaine proportion de films recommandés Art et Essai et qu’il organise des événements ou des animations pour soutenir des films peu diffusés.

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Ce qu'il faut savoir en quelques chiffres

Quelques chiffres pour mieux comprendre la place de ces cinémas dans le parc national.

En 2015, 85,8% des établissements Art et Essai comptent moins de 4 écrans. 56,8% sont des mono-écrans, ce qui est au-dessus de la moyenne de l’ensemble du parc (57,1%). A l’opposé, une minorité (5,7%) des cinémas AE ont plus de 5 écrans. On note donc que les « petits » établissements sont plus facilement labellisés Art et Essai que les « grands ».

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Tous les pays ont une façon différente de financer le cinéma et l’audiovisuel. En ce qui concerne la France, c’est un cheminement de plusieurs étapes.

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Nous voyons donc sur cette infographie que les recettes aux guichets sont primordiales dans le fonctionnement économique du cinéma français. Il faut tout de même mentionner que la TSA ne servira pas seulement à payer les exploitants, mais également la production et la distribution.

Il existe cependant plusieurs aides spécifiques, qui ne concernent qu’un certain nombre de salles en France : l’aide sélective à l’exploitation. Distribuée par le CNC, aussi piochée dans la TSA, elle n’est effective qu’à condition de l’obtention de certains critères :

  • Être un exploitant indépendant dans les efforts de modernisation du parc (cinématographique), l’aide permet d’assurer l’équipement de l’ensemble du territoire en salles de cinéma
  • Ou être labellisé Art et Essai : on donne à ces exploitants une somme qui permettra de soutenir le fonctionnement de ces salles et la diversité de l’offre cinématographique.
  • Ou être un exploitant indépendant dans une commune de plus de 200 000 habitants (comme Paris par exemple) et offrir une diversité de programmation.

Si l’un de ces critère est rempli, l’exploitant peut toucher cette aide, en plus de celle accordée aux autres salles cinématographiques. En 2011, ce soutien sélectif à l’exploitation s’est élevé à 19 millions d’euros, dont 10 millions sont allés aux salles classées Art et Essai.

Les Français s'y intéressent

Une autre raison nous pousse à croire que ces salles de cinéma Art et Essai ne sont pas prêtes de disparaitre. C’est l’intérêt que porte les français pour les films de cinéma indépendant. En effet, on recense de nombreux festivals qui y sont consacrés. Et si festival il y a, c’est qu’il y a forcément un public. Un public qui fréquente les salles de cinéma indépendantes classées Art et Essai.

Il existe même depuis 2012 un Festival international du film indépendant, le Fifib, à Bordeaux. Le cinéma indépendant est également représenté au festival de Cannes, grâce à l’ACID ( Association du cinéma indépendant pour sa diffusion ). Ces festivals sont la preuve même que ce genre de cinéma séduit toujours de nombreux français. Français, qui ne sont pas prêt à dire au revoir, à ces petites salles de cinéma, pour le plus grand bonheur de la diversité cinématographique.

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