Dans le cadre de la semaine des arts au campus IGS, toutes sortes d’œuvres contemporaines sont présentes. En observant ces œuvres plus mystérieuses les unes que les autres, le spectateur est parfois amené à se demander ce qu’est l’art contemporain. C’est en fait ce qui désigne, d’une façon générale, l’ensemble des œuvres produites de 1945 à nos jours, et ce quels qu’en soient le style et la pratique esthétique. Il existe différentes techniques faisant partie de l’art contemporain, comme l’art numérique.

Qu’est ce que l’art numérique ?

L’art numérique est réalisé à l’aide de dispositifs numériques, les ordinateurs, les interfaces et les réseaux. Il concerne toute forme de création où la technologie prédomine largement. Les œuvres sont réalisées à l’aide de supports numériques.
L’art numérique prend un essor dans les années 1980 et se popularise dans les années 1990, avec l’émergence des musiques électroniques notamment.
Cet art concerne aussi bien la vidéo ou le cinéma, que la littérature. Il permet de créer de l’interactivité avec le public, grâce à un univers en réalité virtuelle augmentée.

 

Art numérique bleu. Crédit : pixabay

Zoom sur Tazasproject, un projet créatif porté par Guillaume Beinat et Alexandre Suné

« Tazasproject est la réunion de plusieurs artistes qui se ont décidé de travailler ensemble car ils ont des champs de compétences différents, indique Guillaume Beinat, artiste. Lorsqu’il termine ses études d’art, le jeune artiste trouve dommage de consacrer du temps à sa carrière personnelle, sans travailler avec des personnes qu’il a connues et qui ont peut-être un talent caché : « Je me suis demandé quel était le moyen de travailler avec eux. Peut-être créer une plateforme sur laquelle on invite des personnes qui veulent bien collaborer avec nous ponctuellement, selon nos projets. »
Au départ, Guillaume et ses collègues collaboraient pour des projets éditoriaux, pas numériques : « Le numérique existait, la possibilité de travailler dessus aussi, mais pour nous, l’objectif était de travailler ensemble. » Ils se sont alors posé des questions : quel est le meilleur support pour travailler ensemble ? « On a d’abord identifié le livre, on éditait un livre avec des différences graphiques et on a fait un processus sur le cadavre exquis. Du livre, on est passé à la vidéo et rapidement, le livre a été prolongé en vidéo. » La sortie et la production du livre s’est faite en 2009. Lors d’une exposition, Guillaume a invité Alexandre Suné, un artiste qui a beaucoup contribué, pour « créer des pièces et surtout donner une intelligence à ce que l’on allait faire». A partir de ce moment une première exposition s’est faite à partir de QR code.
« On s’est dit qu’on allait essayer de lire le livre, en gros faire une exposition où il n’y a rien à voir si on n’a pas de smartphones, et découvrir notre univers d’une manière numérique. » Guillaume et ses camarades ont effectué des recherches sur la réalité augmentée. « Les artistes qui m’ont aidé au départ ont développé leur carrière. Seul Alexandre Sunet est resté, comme point fort, pièce maîtresse d’une collaboration, ce qui fait que quand le projet est sorti, j’ai déposé une marque qui s’appelle Tazasproject. » Il s’agit en effet de l’œuvre d’Alexandre Sunet et de Guillaume Beinat, une entité à elle seule. « On a continué à faire du print car j’adore le design graphique et attrait avec l’impression. J’ai alors produit des choses en relation avec le vocabulaire de l’art numérique pour créer une forme de portefeuille pouvant aligner toutes les idées d’œuvres et d’expositions numériques que nous allons faire. Sachant que le numérique coûtait très cher, il fallait s’auto suffire. J’ai donc créé une partie édition, qui finance aujourd’hui la partie numérique. » Ce goût pour le numérique, Guillaume ne l’avait pas forcément identifié comme quelque chose de potentiellement viable dans le circuit de la création. « Le numérique de 2000 à 2010 a beaucoup évolué, c’est devenu un outil incontournable qui a des champs de manipulation et de création assez larges, et qui nous permet de toucher des choses assez puissantes. Aujourd’hui, on considère que toutes nos installations numériques parlent et se regroupent autour d’une seule volonté, « rendre visible l’invisible », a rajouté Guillaume.

De multiples expositions à l’étranger :

Présents ponctuellement à l’étranger, dans des galeries ou des festivals, Guillaume et Alexandre répondent également à des appels d’offres leur permettant d’exposer leurs pièces dans des musées. « Nous sommes basés à Toulouse, on travaille aussi beaucoup à Bordeaux. Comme j’ai beaucoup vécu à l’étranger, j’ai gardé un réseau de print, aujourd’hui on a des œuvres vendus à Londres, Tokyo, New York, Bruxelles. » conclue Guillaume Beinat

Cartes postales sérigraphiques. Crédit: Tazasproject

 

Léa Barrau