« Adopte une tomate ». On pourrait penser à un site de rencontre amoureuse, par analogie avec la plateforme « adopte un mec ». Mais ce n’est pas le cas : « S’il y a des histoires d’amour grâce à ‘adopte une tomate’, c’est tant mieux, mais ce n’est pas le but », rigole Octavia Yvan, la fondatrice de ce concept. Il s’agit en réalité d’une plateforme de co-jardinage qui permet à ceux qui n’ont pas de jardin de jardiner chez quelqu’un qui est prêt à le partager. Nous avons retrouvé la jeune femme chez des usagers de cette plateforme afin de comprendre les tenants et les aboutissants ainsi que ses motivations. 

« J’ai grandi à la campagne en Roumanie, explique Octavia. Là-bas on cultive nos légumes pour les manger. Quand je suis arrivée, je me suis vue manger des légumes de chez Carrefour ». Autant dire qu’elle n’a pas trouvé ces aliments à son goût…

En pleine découverte de Toulouse, la créatrice de la plateforme a aussi fait un constat : « En me baladant, j’ai remarqué beaucoup d’espaces verts qui n’étaient pas valorisés ». D’où l’émergence de cette idée. Car l’objectif de la plateforme est multiple, d’une part il y a cette idée de valoriser les espaces verts privés en y cultivant des légume du potager « sans pesticides, en laissant la terre faire son travail ». Puis d’autre part, il y a cette volonté de créer du lien social. « J’ai remarqué qu’ici les gens ne se parlait pas beaucoup, j’avais envie de faire parler les gens entre eux ».

100 personnes intéressées en 4 mois d’existence

« L’idéal serait de créer des équipes 3-4 avec deux personnes qui ne s’y connaissent pas avec une ou deux personnes qui savent s’occuper d’un potager », car faire des plantations en respectant le rythme de la terre peut prendre plus de temps et demande une attention particulière. « j’aime bien ce proverbe africain ‘seul on va vite, ensemble on va loin’, il résume parfaitement cette idée ».

Lancé depuis de 4 mois, la plateforme a déjà séduit 100 personnes qui vont être réparties en équipe dès l’arrivée du printemps. L’adhésion est gratuite pour le moment, mais la créatrice n’exclue pas des changement plus tard : « on est en ‘beta-testing’ c’est-à-dire que nous essayons des choses en se concertant avec les utilisateurs. Déjà on mettra en place une assurance utilisateur pour protéger les co-jardiniers d’éventuels problèmes, à hauteur de 25 € par an ».

Jean-Michel Saucray et Sandrine Robin se sont inscrits il y a un mois. Adeptes de la culture biologique depuis une dizaine d’année, c’était tout naturel pour eux de participer à l’aventure « adopte ma tomate ». « Déjà, ça n’a pas le même goût, et on avait à coeur de partager pour montrer que c’est facile de respecter la terre tout en cultivant son potager », nous indique le couple. Pour eux, il s’agit d’un réel engagement éthique, tout en se faisant des nouveaux amis avec qui ils peuvent échanger.

Plus d’informations sur le site de la plateforme https://www.adoptematomate.com