Coccinelles, abeilles solitaires, chrysopes, et tant d’autres petits insectes prennent place dans des abris spécialement construits pour eux. Des « hôtels à insectes » qui sont premièrement synonymes de refuges, mais qui jouent, avant tout, un rôle important dans la biodiversité. 

S’il existe une multitude d’hôtels à insectes différents, où varient les matériaux mais aussi la population qui occupe les lieux, une chose est sûre : ces abris sont rarement inoccupés. Une très longue liste d’espèces s’approprient les lieux, en fonction des endroits. Loger les insectes? Oui, mais pour un but particulier. Tant pour la nature, que pour les humains.

Un dispositif au service de la biodiversité

Ces hôtels remplissent trois grandes fonctions en matière de biodiversité. Cependant, comme l’explique Yann Le Portal, ingénieur environnemental à la Symbiosphère (Fonsorbes), il s’agit dans un premier temps de « compenser le déficit d’un arbre mort dans un endroit, quel qu’il soit« .

Se protéger du froid et du mauvais temps représente l’un des principaux objectifs de ces petites structures. Les insectes pourront aussi se cacher des éventuels prédateurs.

Le premier critère étant rempli, ce dernier amène directement à la deuxième fonction des hôtels : celle de favoriser la reproduction.

Enfin, la pollinisation reste l’un des intérêts phares. Ainsi, certains insectes pourront s’occuper de dévorer les parasites, comme les pucerons, alors que d’autres se chargeront de recycler de la « matière morte », produisant donc de l’énergie.

Un système de chaîne, qui favorise donc la biodiversité dans le rééquilibrage des écosystèmes.

« Les hôtels à insectes servent notamment à rétablir un équilibre entre les proies et les prédateurs, entre les pollinisateurs et les détritivores, ainsi que les producteurs d’énergie » Yann Le Portal, ingénieur environnemantal, Symbiosphère

Divers types d’hôtels à insectes existent./ Mélodie Fourcade

Des abris, en milieu rural comme urbain

Selon Yann Le Portal, ces hôtels à insectes fonctionneraient mieux dans les zones urbaines, en particulier pour les insectes polinisateurs.

« C’est vrai qu’en ville il y a toujours beaucoup de bitume. C’est donc quand même toujours mieux de proposer quelque chose d’artificiel » Yann Le Portal, ingénieur environnemental à la Symphiosphère

Pourtant, les campagnes ne représentent pas forcément le milieu idéal. Même si les portions de bois morts sont toujours plus conséquentes qu’en milieu urbain, elles ne sont pas suffisantes pour satisfaire l’écosystème.

La Symbiosphère fabrique des refuges en bois, tant pour la ville que pour la campagne. Les lieux varient en fonction des clients./ Mélodie Fourcade

Une pratique encore peu connue

Si des hôtels à insectes commencent à fleurir un peu partout dans l’Hexagone, ceux-ci passent encore inaperçus à côté de dispositifs comme des nichoirs à oiseaux, par exemple.

Le manque de connaissances en la matière est l’une des principales raisons, sans oublier l’aspect ludique que ne possède pas les refuges à insectes (au même titre qu’un nichoir, du moins). Enfin, il est aussi fort possible que les nombreuses phobies dues à ces petites bêtes puissent être en cause.

De plus, les hôtels à insectes représentent seulement, pour l’instant, un domaine d’exploration. Pour l’heure, peu d’études existent sur les espèces qu’on peut y retrouver. Il n’y a non plus pas de financement sur la question, donc peu d’intérêt de développer des recherches dessus.