Patrick Dehaumont, directeur général de l’Alimentation (DGAL), a indiqué mardi que Lactalis n’avait pas transmis les résultats de contrôle positifs à la salmonelles dans son usine de Craon. Les inspections menées par les services sanitaires dateraient de ces dernières années.

Depuis combien de temps Lactalis savait-elle pour le lait contaminé ? Un bon moment si on en croit les révélations du directeur général de l’Alimentation de l’entreprise, Patrick Dehaumont. Auditionné ce mardi par les commissions des affaires économiques et sociales du Sénat, le DGAL de Lactalis a déclaré qu’il y avait un « décalage entre les éléments donnés au niveau de l’inspection et ce qu’on a pu récupérer comme autocontrôles suite à la crise ».

Par la suite, quand la présidente de la commission lui demande si, pendant toutes ces années, il y a eu des autocontrôles d’environnement positifs faisant apparaître la salmonelle, c’est par la positive que Patrick Dehaumont répond.

Une usine coutumière du fait

Mais comment l’hygiène de l’usine de Craon est-elle gérée ? Et pourquoi Lactalis n’a-t-elle rien fait pour décontaminer cette usine ? Ce sont autant de questions qui se posent quand on connaît le passif du site de production. En effet, une contamination à la salmonelle aurait touché l’usine en 2005, juste avant son rachat par Lactalis. L’épidémie avait concerné 146 bébés, d’après Patrick Dehaumont

Plus récemment, ce sont 37 nourrissons qui ont été contaminés par l’épidémie de 2017. L’institut Pasteur, de son côté, estime que 25 autres enfants auraient été touchés entre 2006 et 2016. Cela ferait donc quelques 200 enfants malades à cause d’une souche unique de salmonelle.

Contacté hier soir par l’AFP, Lactalis n’a pas souhaité réagir.