Après les réformes du Code du travail, de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage, le gouvernement s’attaque à présent au système de santé. Le Premier Ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn étaient ce mardi 13 février à Eaubonne, dans le Val-D’Oise, pour annoncer les grands axes du projet.

Une réforme « globale, théorique et méthodique »

Le système de santé français est malade. Depuis plusieurs semaines, les personnels de santé sont épuisés et les hôpitaux tirent la sonnette d’alarme. Le déficit des établissements publics est estimé à 1,5 milliard d’euros. S’il est urgent de réagir, le Premier Ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn étaient ce matin à hôpital d’Eaubonne (95), pour lancer le projet de transformation du système de santé.

Une « transformation profonde » censée mettre un terme aux nombreux problèmes qui ravagent actuellement le milieu hospitalier. La réforme sera « globale, théorique et méthodique » a annoncé le Premier Ministre sur les réseaux sociaux. Cinq grands axes de travail ont été dégagés par le gouvernement avec en première ligne, les hôpitaux.

Mieux dépenser

Dans cette stratégie nationale de santé, le gouvernement compte réduire le tarif des actes médicaux remboursés par la sécurité sociale. Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait fait la promesse de « plafonner à 50% » la tarification à l’activité (T2A) des hôpitaux qui, selon Agnès Buzyn, « pousse à une activité sans qualité ». Ce constat a été unanimement partagé, y compris par les syndicats, comme en témoigne le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui a qualifié cette T2A « d’impasse » ayant conduit « l’hôpital au bord du burn-out ».

Tous ces changements vont prendre du temps puisqu’une équipe d’experts va proposer d’ici fin 2019 plusieurs nouveaux modèles de financement. Édouard Philippe et ses ministres se sont donnés trois mois pour réfléchir « intensément » aux premières mesures qu’ils prévoient d’instaurer.

Pour l’heure, le Premier Ministre assure que l’État débloquera, en plus du budget de la sécurité sociale, 100 millions d’euros par an pour le projet et que les tarifs hospitaliers « seront en baisse » dès cette année.