Mardi 13 février, la justice britannique va décider du sort de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks. Après six ans de refuge dans l’ambassade d’Equateur à Londres, l’Australien espère une libération. Le verdict devrait être rendu à 15 heures.

Échapper à tout prix aux États-Unis

Voilà maintenant six années que Julian Assange est coincé dans l’ambassade de l’Equateur, située dans un quartier chic de Londres, à Knightsbridge. Un asile où il trouve refuge en juin 2012, alors qu’il tente d’échapper à une extradition vers la Suède. Il y est recherché depuis fin 2010 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle. Un mandat d’arrêt levé par la Suède en 2017.

Mais si l’Australien a tout fait pour ne pas être arrêté, c’est qu’il encoure des risques bien plus importants. En effet, Julian Assange craint toujours de devoir comparaître devant les tribunaux américains. Là-bas, il serait jugé pour avoir dévoilé sur sa plateforme WikiLeaks de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains confidentiels. Sur ces derniers, on pouvait notamment y découvrir les circuits de corruption des dictateurs africains ou de certains compagnies russes offshores.

De nouvelles révélations en 2016

Mais Julian Assange est recherché par les États-Unis à double titre. En 2016, WikiLeaks fait de nouvelles révélations en pleine campagne présidentielle américaine. Cette fois-ci, c’est la candidate Hillary Clinton qui est visée. WikiLeaks publie les données de 20.000 courriels piratés du Parti Démocrate. Certains contenant des informations compromettantes pour la concurrente de Donald Trump.

Une nouvelle vague de révélations survient un mois avant le scrutin final, en octobre. Des milliers de courriels du président de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta, sont diffusés par WikiLeaks. Pour le plus grand bonheur du républicain Donald Trump. Face aux accusations, Julian Assange nie que la Russie, ou tout autre État, était derrière ces fuites.

L’heure du verdict

Si l’Equateur lui accorde en décembre dernier la nationalité, le Royaume-Uni, en revanche, refuse de lui délivrer un statut diplomatique. Une décision qui contraint une nouvelle fois Julian Assange à se cloîtrer entre les murs de l’ambassade pour ne pas se faire arrêter.

Ultime rebondissement de l’affaire, en février dernier, l’informaticien et cybermilitant se voit valider son mandat par le tribunal de Westminster. Toutefois, celui-ci avait finalement été reconduit à cause d’une nouvelle question posée par la défense : le maintien de ce mandat est-il dans l’intérêt public ?

La décision de cette après-midi est donc l’ultime espoir pour Julian Assange. À 46 ans, il va peut-pouvoir retrouver sa liberté. La réponse : cette après-midi à quinze heures !