Les élèves français peinent en mathématiques. C’est un constat saisissant que plusieurs études internationales ont révélés ces dernières années. De ce fait, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation à motionné Cédric Villani, mathématicien député (LREM) de l’Essonne, et Charles Torossian, inspecteur général de l’Education nationale. Pour « repenser la place du calcul à tous les niveaux de la scolarité ».

C’est ce lundi 12 février que le rapport Tolossian-Villani doit être remis. Celui-ci contient vingt-et-une pistes pour une « nouvelle politique » de l’enseignement des maths. Elles visent à replacer le calcul et les automatismes à tous les niveaux de la scolarité. Ce rapport de 90 pages, et d’une trentaine de recommandations, doit pouvoir inverser les mauvaises statistiques françaises dans cette matière à l’échelle internationale.

Cela commence peut-être par l’enseignement. Sans répandre la pensée « du cours de mathématiques« , Tolossian-Villani énumère cependant quelques idées. De plus, un tiers des professeurs des écoles déclarent ne pas « aimer enseigner les maths au primaire« . Pourtant, c’est à cet âge-là, que les fondamentaux dans cette matière se développent et que le goût de l’apprentissage s’acquiert pour les enfants. « Une des conclusions de notre rapport, c’est de réaliser à quel point l’encadrement humain est déficient. Très peu des enseignants dans les écoles se sentent à l’aise en mathématiques et c’est normal au vu de leur parcours et de leur formation« , a déclaré Cédric Villani sur LCP. Ce rapport détail notamment qu’il faut « donner le goût des mathématiques à tous les enfants« .

S’inspirer de la méthode Singapour

Vers un apprentissage explicite et progressiste. C’est ce que recommandent les deux auteurs du texte. « Pour que les nombres deviennent ses amis, l’enfant doit se familiariser suffisamment tôt au passage à l’abstraction et à l’écriture mathématiques« , écrivent les rapporteurs.
Cela revient à guider de manière explicite, mais non-dirigiste l’élève. Ainsi, il laisse une place central à la verbalisation qui est primordiale dans un deuxième temps. Comme il est dit dans le texte : « c’est un haut-parleur sur sa pensée« .
Pour écrire leur rapport, les deux hommes se sont notamment inspirés des pratiques les plus efficaces et des études internationales. Et parmi elles, « la méthode de Singapour« . Cette dernière vise à apprendre à l’élève à raisonner. Elle est conçue pour que les élèves s’approprient progressivement l’univers des mathématiques et du raisonnement. Chaque leçon part de notions très simples et très imagées pour aller vers les notions plus complexes. Reste à voir si ces propositions peuvent avoir un impact efficace sur le niveau des élèves français dans cette matière.

À Toulouse comme en France, le niveau en mathématiques est faible

La rédaction du 24heures.fr a voulu se pencher sur le niveau des élèves toulousains et savoir réellement où se situe les difficultés d’apprentissage dans cette matière que sont les mathématiques. Pour ce faire, nous avons rencontré Renan, Professeur agrégé de mathématique à Toulouse.

Quelle est pour vous la plus grande problématique que rencontrent les élèves auxquels vous êtes confrontés ?

Le calcul mental. C’est à mon sens, la grande problématique. Les élèves ne savent plus compter correctement. Beaucoup d’erreurs de calcul sont commises lors des évolutions. Je me rappelle quand j’étais au primaire, l’enseignante nous faisait faire des évaluations de calcul mental quotidiennement. Après le contrôle, le professeur nous faisais corriger les erreurs tous ensemble, ce qui permettait de verbaliser nos fautes et de mieux les comprendre. C’est une pratique qui disparaît. À mon avis, c’est lorsque que l’on est enfant que les mécanismes se mettent en marche. C’est un bon axe que propose la réforme Villani.

Comment les professeurs peuvent-ils aider à remonter le niveau des élèves français en mathématiques ?

Avant toute chose, il faut je crois, reprendre les bases, les fondamentaux qui permettent aux élèves d’évoluer dans leur matière au fil des années avec de bonnes assises. Notamment en mathématiques. De plus, il faudrait durcir les redoublements. Lorsqu’un élève n’a pas le niveau pour accéder au niveau supérieur, il ne doit pas y accéder. Hélas, c’est trop souvent le cas. Sinon l’élève avance avec un socle de connaissances et d’acquis qui n’est pas solide. Cela ne lui sera pas profitable. Pire, il se détachera complètement de la matière ce qui est fréquemment le cas pour les mathématiques.