L’ancien ministre, Jérôme Cahuzac, est de retour sur le banc des prévenus. Après une première condamnation à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment en 2016, Jérôme Cahuzac sera de nouveau jugé en appel à Paris ce lundi 12 février.

« Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant. » Jérôme Cahuzac l’assurait « les yeux dans les yeux » au chef d’Etat, mais aussi devant l’Assemblée. Celui qui était ministre du Budget, aux côtés de François Hollande en 2012, a pourtant laissé son nom à une affaire de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. C’est le média d’investigation Médiapart qui a révélé l’existence de ses comptes à l’étranger non-déclarés. Suite à l’ouverture d’une enquête judiciaire le ministre a annoncé sa démission en mars 2013.

Lors du premier procès, le parcours tortueux des fonds des époux Cahuzac avait été retracés. Ces derniers détenaient une clinique spécialisée dans les implants capillaires. Cette gestion familiale est signe, pour les juges, d’une volonté « d’échapper à l’impôt sciemment ». Aujourd’hui, on estime à 3,5 millions d’euros, le total des fonds dissimulés. L’ancien ministre Jérôme Cahuzac aurait ainsi caché près de 600 000 € à Genève, puis Singapour. Sa femme, elle, aurait déposé 2,7 millions d’euros sur l’île de Man.

Jérôme Cahuzac et sa femme avait alors été condamnés respectivement à trois et deux ans de prison ferme, ainsi qu’à une redressement fiscal de plus de deux millions d’euros. Une décision que Jérôme Cahuzac a immédiatement contesté en faisant appel. Pour ce nouveau procès, l’ancien ministre a choisi d’être défendu par Éric Dupond-Moretti. Célèbre pour sa capacité à obtenir des acquittements, ce spécialiste des dossiers médiatiques a déclaré sur le plateau de France 2 qu’il ne plaiderait pas la relaxe, étant donné que son client a reconnu les faits. Le procès Cahuzac est annoncé jusqu’au 21 février prochain.