Twitter est à nouveau le réceptacle de la parole des femmes victimes de violence. Depuis peu, des centaines de témoignages de femmes de confession musulmanes affluent. Toutes évoquent des violences dont elles ont été victimes lors d’un pèlerinage à la Mecque.

 

C’est un moment sacré pour des milliers de musulmans à travers le monde. Pourtant, il semblerait qu’il ait été gâché par des violences sexuelles pour bien des fidèles musulmanes. Depuis quelques jours, des femmes musulmanes du monde entier témoignent de leur expérience malheureuse à La Mecque au travers du hashtag « #MosqueMeToo ». Toutes évoquent des harcèlements voire même des agressions sexuelles qui auraient eu lieu alors qu’elles effectuaient le « hadj » – le pèlerinage à la Mecque, qui fait partie des cinq piliers de l’Islam – à la Mecque, en Arabie Saoudite. L’une d’entre elles confie, entre autres, qu’elle n’a « jamais été aussi harcelée que dans cette ville sainte » et qu’elle ne voit plus retourner en pèlerinage.

Un hashtag pour libérer la parole des musulmanes

 

C’est une journaliste égyptienne, Mona Eltahawy qui est à l’origine de cette initiative. Celle qui s’est spécialisée dans les enjeux du monde arabe et musulman ainsi que dans le féminisme en général a dit vouloir « aider les femmes musulmanes à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d’agression sexuelle pendant le hadj ou dans des lieux sacrés ».

Depuis, le témoignage de Mona Elthawy semble avoir participé à libérer la parole des femmes musulmanes qui ont vécues des expériences similaires.

« Une de mes amies a subi des attouchements pendant le hadj et quand elle a voulu en parler, ses compagnons de hadj lui ont dit de laisser tomber« .


« J’ai aussi été harcelée à La Mecque et à Médine pendant le hadj quand j’avais une vingtaine d’années. C’était dégueulasse et ça m’a déroutée. Je l’ai dit à mes parents tout de suite, mais je n’ai pu donner les détails que l’année dernière »