Ce sont des recherches qui n’ont jamais été faites en France : le lymphoedème secondaire est une pathologie qui touche 15% des personnes ayant subi une chirurgie de traitement d’un cancer. Les docteures Barbara Garmy-Susini et Anne-Catherine Prats sont les premières chercheuses à s’intéresser à cette maladie handicapante.

Impossibilité de s’habiller, de conduire, de travailler… Le lymphoedème est une pathologie qui induit une accumulation de fluides et de graisse dans un membre en le faisant grandir et grossir. Lorsque le système lymphatique est endommagé, une partie du corps (bras, jambe, cou, abdomen,…) se met à gonfler jusqu’à devenir un véritable handicap.

Le lymphœdème peut concerner n’importe quelle partie du corps, externe ou interne. / Crédit : CC

Jusqu’à ce jour, aucune recherche n’avait été menée en France pour connaître les véritables causes de ce disfonctionnement. Il y a un an, l’équipe 13 de l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (I2MC) de l’INSERM (Institut national de la santé et de recherche médicale), a entamé des recherches sur ce sujet. Dirigées par les docteures Barbara Garmy-Susini et Anne-Catherine Prats, ces recherches ont pu voir le jour grâce à une collecte de fonds de 119 000 euros organisée par la Fondation Toulouse Cancer Santé. L’objectif : trouver les origines exactes du disfonctionnement du système lymphatique.

Le lymphoedème serait lié à la chirurgie de traitement des cancers

Une chose est sûre : le lymphoedème secondaire est la dégradation du système lymphatique suite à une chirurgie de traitement d’un cancer. Le facteur inconnu est la cause de la pathologie : est-ce lié à une chimiothérapie, une hormonothérapie, une infection, la tumeur elle-même,… ? L’équipe s’intéresse de près à toutes ces hypothèses.

« Sur 100 femmes qui vont avoir la même chirurgie du cancer du sein, seulement 15% vont développer un lymphoedème, ce qui est déjà énorme. Pourquoi ces 15% développent-ils cette pathologie et pas les autres ? Ont-elles des facteurs génétiques qui permettent d’anticiper l’apparition de la maladie ? » s’interroge Barbara Garmy-Susini.

Au moment de la chirurgie, les patientes sont prélevées pour procéder à un séquençage de leur ADN. Ces patientes sont ensuite suivies pendant 5 ans. Certaines développent un lymphoedème et d’autres pas. Les résultats sont ensuite analysés pour déterminer quels sont les facteurs responsables de l’apparition et du développement de cette maladie.

Des premiers résultats prometteurs

Même si les recherches ont débuté il y a seulement un an, les premiers constats ont été faits : la dérégulation de près de 400 gènes présents dans les tissus prélevés dans un lymphoedème a été mise en évidence. Des résultats encourageants pour les 4 millions de personnes touchées par cette maladie en Europe. Prochaine étape : la confirmation de ces résultats, pour être sûr de l’implication de ces gènes dans le disfonctionnement du système lymphatique.