La startup Beesolis, fondée par Damien Albrespy, permet aux entreprises d’accueillir des ruches. Une initiative que le jeune fondateur justifie par la nécessité de protéger les abeilles, de plus en plus maltraitées par notre écosystème.

Les humains à la rescousse des abeilles

À l’image des quelques entreprises parisiennes qui ont fait le choix d’avoir une ruche sur leur toit ou dans leur jardin, la startup toulousaine Beesolis, spécialisée dans l’apiculture, propose la même chose aux entreprises de la Ville rose.

Selon Damien Albrespy, fondateur de Beesolis, les abeilles sont aujourd’hui une espèce en déclin à cause de la pollution de l’activité humaine et des produits de traitement des cultures conçus pour détruire le vivant. Ces produits, qui ont un cycle de vie très long, continuent de détériorer la biodiversité pendant très longtemps, et devient un véritable mauvais acteur dans tout l’écosystème. L’objectif, pour lui, est donc de permettre aux entreprises qui le souhaitent de participer à la préservation de leur espèce.

« Aujourd’hui, à cause de la pollution, la vie des abeilles est en danger. En ayant au quotidien des abeilles dans une entreprise, on se rend compte que, si on y fait attention, si on les préserve, on peut récolter quelque chose de positif, le miel, qui est bon pour la santé. Pour collecter ce miel, les abeilles pollinisent l’environnement, et favorisent donc son développement. Préserver les abeilles, c’est aussi préserver toute la nature qu’il y a autour. »

Pour l’apiculteur, faire le choix d’avoir des abeilles dans son entreprise, c’est « devenir acteur » de la biodiversité.

Des abeilles au bureau ?

La variété d’abeilles choisie par Damien Albrespy est la buckfast, une abeille à miel qui a pour particularité d’être très docile et donc facilement approchable par les humains. Si la volonté première est la préservation de ces insectes, le jeune fondateur admet que l’objectif est double : rapprocher l’homme de l’abeille permettrait, selon lui, d’améliorer l’environnement de travail.

« Les gens qui travaillent dans des bureaux, à la lumière des néons, 8 heures par jour, déconnectés de la nature, ont envie de réintégrer du bien-être, du bon vivre dans l’entreprise. En plus, on se rend compte que la productivité ne baisse pas, voire augmente. Et en termes de stabilité des salariés, ceux qui se sentent bien dans leur entreprise auront moins envie d’aller voir ailleurs. »

À ce jour, les ruches de Damien Albrespy ont déjà séduit une quinzaine d’entreprises. Le jeune entrepreneur, qui possède aujourd’hui une centaine de ruches « en stock » espère toucher de plus en plus d’institutions. Pour Serge Dumas, salarié de l’entreprise Metal Ball, à Grisolles, la mise en place de ruches est avant tout basée sur la volonté de faire un geste écocitoyen. « L’arrivée des ruches n’a pas révolutionné le groupe de travail, mais il y a eu du changement. Par exemple, quand ont lieu les événements clés comme les doublages des ruches ou la récolte, une bonne partie du personnel, et même les clients, sont impliqués. »

L’entretien de ces ruches, c’est Damien Albrespy qui s’en occupe. Lors de ses 8 à 12 visites par an, il invite même les salariés, équipés de combinaisons protectrices, à le suivre près des ruches pour en apprendre plus sur ces insectes. « Avant la visite, je leur explique ce qu’on va voir, où en sont les abeilles dans leur développement, si la météo est favorable ou non, etc. Ensuite, on ouvre les ruches et on analyse ensemble ce qu’il en est. On réfléchit alors si on voit les bonnes choses, ou les mauvaises, pourquoi, comment est-ce qu’on peut les aider, etc. »

Les salariés participent aux activités autour des ruches de leur entreprise. / Crédit : Beesolis.

Des ruches pédagogiques pour intéresser aussi les enfants

Ce ne sont pas seulement les adultes qui sont concernés par le projet de Damien Albrespy. Le fondateur, et papa, a tenu à intégrer les enfants à son initiative. Informaticien de formation, c’est lors d’une expérience en famille que ce passionné d’abeilles a aperçu le potentiel pédagogique que ces insectes pouvaient avoir. « Il y a une dizaine d’années, on a fait de l’apiculture en famille. A l’époque, personne ne parlait encore des abeilles et des problématiques environnementales. Alors, j’ai cherché si on pouvait travailler avec les abeilles, dans un modèle économique qui réunit à la fois le côté humain et le côté pédagogie des enfants. »

Damien Albrespy intervient également dans les écoles pour sensibiliser les enfants. / Crédit : Beesolis.

Aujourd’hui, Damien Albrespy intervient de façon bénévole dans les écoles. La finalité est avant tout de faire connaître les abeilles. « On les étudie pour comprendre pourquoi elles ne vont pas bien. Je souhaite nourrir les consciences, éveiller les esprits des enfants, pour que chacun mesure les conséquences de ses actes sur la nature, et se pose la bonne question : que puis-je faire pour changer les choses ? »

Des ruches apithérapeutiques en projet

Un troisième projet est en préparation pour Beesolis. Des produits fabriqués par les abeilles devraient apparaître en magasin d’ici trois ans. Damien Albrespy souhaite élaborer toute une gamme de produits parapharmaceutiques issus des ruches et bons pour la santé. Au menu :

  • Du miel, aux propriétés des différentes fleurs butinées par les abeilles
  • De la propolis, aux vertus aseptisantes et calmantes
  • De la gelée royale, la cure booster
  • De la cire, utilisée pour les cosmétiques ou dans les produits ménagers
  • Du venin d’abeille, plus rare, ayant des propriétés anti-inflammatoires
  • Du pollen, une source très riche de protéines, vitamines et minéraux

En attendant, les produits fabriqués par les ruches dans les entreprises appartiennent à ces dernières. Libre à elle de promouvoir le message, et d’encourager d’autres entreprises à se lancer elles aussi dans la préservation des abeilles.

La startup Beesolis a fait l’objet d’une campagne de financement sur le site Miimosa.