Plus discret que le lobbying industriel, le lobbying pharmaceutique est tout aussi important. En France, plus de 75% des médecins hospitaliers entretiendraient des relations d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques. La Ville rose n’est pas beaucoup plus épargnée.

Se faire prescrire du doliprane à la place de l’efferalgan, un geste qui peut paraître anodin. Pourtant, derrière ces deux médicaments se cachent deux laboratoires différents. Les effets sont les mêmes, mais l’un des deux permet peut-être à votre médecin de partir en voyage. Des cadeaux offerts aux médecins en remerciement de leurs nombreuses prescriptions. Ce petit tour s’appelle du lobbying pharmaceutique. Au CHU de Toulouse, 76,4% des médecins sont en contact avec des laboratoires pharmaceutiques.

Voici bientôt un an que l’hôpital de Toulouse a mis en place une instance de prévention de conflit d’intérêts. Jacques Laguarrigue, président de cette instance, a expliqué lors d’une interview à Médiacité : « Nous recevons de plus en plus de dossiers de médecins […] qui se demandent si ce qu’ils pratiquaient jusqu’à présent relève d’une situation de conflit d’intérêt« . En plus de permettre d’orienter les médecins, cette instance contrôle également les allées et venues des représentants commerciaux des laboratoires. Désormais, ils sont obligés de s’enregistrer à l’accueil. Une façon de réguler et de prévenir les conflits d’intérêts. Avec ces petites actions, le CHU de Purpan fait donc figure d’exception, mais aussi d’exemple.

Le CHU de Purpan en tête de classement

Actuellement, aucun classement des hôpitaux luttant contre lobbying n’existe. D’ici la fin du premier trimestre 2018, ce ne sera plus le cas. Dans ce futur classement, Toulouse devrait être classé parmi les villes où l’administration hospitalière lutte le plus contre le lobbying. C’est même l’un des rares CHU français qui tente de prévenir contre les conflits d’intérêts entre médecins et laboratoires. Car la plupart des hôpitaux français ne font qu’appliquer la loi et publient simplement les déclarations d’intérêts.

Pour autant, l’administration du CHU Purpan, n’a pas mis en place de mesure drastique. Elle compte sur la sensibilisation pour réduire ses 76,4% de médecins en relation avec les laboratoires. Le CHU de Toulouse, tout comme tous les autres hôpitaux souhaitant limiter le lobbying, risque d’être confronté aux refus de certains médecins et laboratoires. Certains conflits d’intérêts pourraient à terme être dissimulés pour continuer d’exister.