Selon la SPA, près de 100 000 animaux sont abandonnés chaque année. Si les prédispositions tendent vers l’approche des grandes vacances comme raison principale, il s’agit en réalité d’un préjugé qui a la vie dure. En été, comme en hiver, les abandons sont plus répandus qu’on ne peut l’imaginer. 

Les aboiements déchirent le silence des lieux. Ici, au chenil de l’association Les Potes à Pouf (également ALPA « Association Lannemezanaise de protection animale »), situé à Capvern, une quarantaine de toutous prennent place. Quelques fois perdus, très souvent abandonnés : voilà le sort qui leur a été réservé, avant de croiser le chemin des bénévoles de l’organisme. L’ALPA recueille, chaque année, entre 100 et 200 chiens, et arrive à en replacer par tranche de 15 à 20 tous les mois. Des chiffres assez significatifs pour une petite association comme Les Potes à Pouf, et qui résultent d’une « misère intellectuelle » comme l’explique Françoise Montaner, la présidente du groupe.

L’abandon des animaux à l’approche des vacances c’est une idée reçue qu’il faut chasser. Bien évidemment ça existe encore, mais ce n’est pas la raison principale. Aujourd’hui, les gens savent qu’il existent des pensions lorsqu’il partent quelques jours. Françoise Montaner, Présidente de l’ALPA

L’association Les Potes à Pouf agit comme refuge, et fourrière autour de Lannemezan, mais se charge également de trouver des familles d’accueil pour les animaux qui ne peuvent pas être adoptés./ Mélodie Fourcade

Des raisons à l’abandon assez méconnues

Aujourd’hui, le manque de réflexion est principalement à l’origine du flux d’animaux abandonnés. Et le public en question est particulièrement jeune. De jeunes adultes, qui se mettent rapidement en ménages, adoptent des animaux dans l’espoir de reproduire le schéma de la « famille parfaite ».. qui finissent très vite par se séparer, et ne sont plus capables d’assumer un animal. Depuis environ deux ans, c’est un phénomène qu’observe de plus en plus cette association Lannemezanaise. Un manque de jugeote et de responsabilité conduisent à ces abandons multiples. Et c’est encore pire quand une gestation non souhaitée pointe le bout de son chez chez la chienne : ainsi ce n’est pas une bête qui est abandonnée, mais une portée toute entière.

Les raisons poussant à l’abandon des chiens ne sont pas toujours celles auxquelles on pense/ Mélodie Fourcade

En cause également, les déménagements. Qui dit nouveau logement, signifie aussi nouveau proprio. Si ce dernier ne souhaite pas de quatre pattes sous son toit, cela représente donc un « problème » pour le maître qui ne peut donc plus prétendre à emménager. Pourtant, il s’agit d’une loi assez méconnue en France, mais aucun propriétaire ne peut interdire à son locataire la possession d’animaux. Datant de 1970, cette loi connait quelques conditions : en particulier pour les races des pitbulls, qui peuvent être interdites. De plus, cette loi ne s’applique pas obligatoirement aux HLM. En dehors de ces deux cas : aucun restriction n’est connue.

L’annonce d’une grossesse dans une famille peut aussi servir de prétexte chez certaines personnes. Pourtant, les chiens ne sont pas porteurs de maladies, et ne risquent pas de transmettre un éventuel virus à un bébé. Pour le reste, la vie à la maison entre enfants et animaux relève d’une question d’éducation de la part du maître.

De nombreux chiens attendent de trouver une nouvelle famille./ Mélodie Fourcade

Des races prédisposées à l’abandon?

Ici, à l’association Potes à Pouf de nombreuses races différentes sont accueillies tout au long de l’année. Pourtant, les chiens de chasse sont les premiers à occuper les lieux. Les pires maltraitants seraient, en effet, les chasseurs, leur meute ne servant uniquement à leurs activités. Même dans le cas d’une perte, ce qui peut arriver, ce dernier ne se tracasserait pas forcément à le chercher, sauf en cas d’un très bon chien de chasse. Chiens d’arrêt, Setter, Épagneuls… bien que respectés par leurs propriétaires, un problème ne les épargnent pas : le fait qu’ils vieillissent. Idem pour les Fox Terrier, qui se retrouvent néanmoins très rarement dans des refuges.

Les labradors et les chiens de bergers sont également des races qui se retrouvent énormément au chenil.

De plus, Françoise Montaner le précise également : « En plus de tous ces chiens abandonnés, il y a également le gros problème des naissances. En ce moment, c’est une situation dramatique ».

Néanmoins, si la cause animale est au centre des débats depuis déjà de nombreuses années, la question de l’abandon est loin d’être réglée. Chaque année chiens et chats se retrouvent sans famille, lâchement abandonnés par des « maîtres » irresponsables et sans coeur.

En général, les chiots sont très vite adoptés. Les chiens plus vieux éprouvent plus de difficultés à trouver une famille./ Mélodie Fourcade