Fabrice Pinteau est le nouveau proviseur du lycée Gallieni. Il remplace Jean-Louis Becker, « nommé pour une mission au rectorat ». Nous l’avons rencontré à l’occasion du point presse qu’il donnait, ce vendredi 2 février à 15 heures. 

« J’avais demandé ma mutation au lycée Gallieni », commence-t-il devant une horde de journalistes. L’accent est mis d’emblée sur les côtés positifs. Car ce lycée toulousain est aujourd’hui connu en France pour sa violence, l’agression répétée de professeurs, et même de l’ancien proviseur, fin décembre 2017.

Mais comment peut-il remettre de l’ordre ? « Je prendrais des mesures rapides, mais dans la durée, je resterai proviseur la rentrée prochaine », explique-t-il. Par « mesures », il entend surtout « instaurer un dialogue avec les professeurs, les élèves et leurs parents ». Mais aussi le durcissement des sanctions. Un nouveau poste a été créé dans ce lycée : un proviseur adjoint « chargé des relations avec la police et la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ». Un « conseiller en sécurité » en somme. Un recrutement aura lieu dans les prochains jours.

Confiance

Le nouveau proviseur aura pour mission de « livrer ses impressions » au rectorat et au ministère de l’Éducation nationale, ainsi que de demander des moyens. « Deux postes de surveillant ont été créés », informe-t-il. Mais il est rectifié par des enseignants que nous avons rencontrés plus tard : « Seulement un poste et demi a été créé, nous en réclamons huit » s’est exprimé Éric Abgrall, agrégé d’ingénierie mécanique et représentant syndical SNES. Dans sa méthode, Fabrice Pinteau, entend instaurer des « relations de confiance », avec ses professeurs, ses élèves, ainsi que les parents.

« Ils n’ont pas peur de la police »

De leur côté, les enseignants fustigent les institutions : « Ils ont fait péter le premier fusible en nommant un nouveau proviseur, mais je ne pense pas que ça change énormément de choses. Le rectorat n’a pas joué son rôle. Il n’a pas pris la mesure de ce qu’il se passait au lycée depuis des mois, voire des années », témoigne Éric Abgrall. Ses collègues et lui dressent un tableau de la vie au lycée depuis quelques années : « Ces jeunes, ils sortent vainqueurs des conseils de discipline. Ils s’en foutent de la sanction. Pour certains, ils n’ont même pas peur de la police ou de la justice. Le rectorat ne se rend pas compte que nous avons affaire avec ce public ».

Il faudrait, selon eux, que les institutions « jouent le jeu ». Le représentant syndicale ajoute : « On a tiré la sonnette d’alarme le 20 décembre, mais ça fait des mois, voire des années, que les choses se dégradent ! Les institutions sont lentes. Ils s’emparent du problème seulement depuis sa couverture médiatique, alors que pour nous mettre des retenues sur salaire pendant les débrayages, ils ont été très rapides ! »

À ses côtés, un autre professeur nous dit : « Depuis 2009, chaque année, il y a entre un et deux événements graves qui nous poussent à la grève. » Cependant, pour eux, le nouveau proviseur semble « honnête et volontaire, mais il risque d’être démuni s’il n’obtient pas plus de moyens ».