Le groupe Safran Electronics & Defense, industriel toulousain spécialisé dans l’aéronautique et la conception d’équipements de défense nationale, s’est vu confier par le ministère des Armées le développement de trois démonstrateurs de robots terrestres pour l’armée de terre.

Vers une robotisation du champ de bataille

C’est la réalité qui rattrape la fiction. S’il n’est pas rare de voir dans les dystopies au cinéma des militaires secondés par des robots-soldats, bientôt, ce sera le cas pour les forces armées françaises. Cette initiative, pilotée par le ministère des Armées, intervient dans le cadre du projet de science et technologie (PST), Furious. Ce dernier prévoit la construction de trois démonstrateurs de robots qui seront par la suite insérés au sein d’une section d’infanterie. C’est Safran qui a décroché le contrat qui s’établit sur cinq ans.

Selon la direction générale de l’armement (DGA), l’objectif est « de tester trois démonstrateurs de tailles différentes au sein d’une infanterie dès 2019 ». L’entreprise toulousaine, quant à elle, se réjouit de préparer « le futur programme d’insertion de robots terrestres au sein des forces, dans le cadre de Scorpion ». Scorpion est le programme de renouvellement des capacités de combat de l’armée de terre.

À terme, le projet Furious permettra, d’après la DGA, de préciser les choix technologiques nécessaires dans le domaine de la robotique terrestre et accroître la maturité des technologies utilisées.

L’eRider, un 4×4 multi-mission complètement autonome

Trois modèles, de tailles et fonctions différentes, ont été commandés par le ministère des Armées. Des robots aux capacités novatrices et en totale autonomie de déplacement. Le plus gros d’entre eux, le eRider, sera un 4×4 multi-mission hybride et configurable. Les futures machines interviendront dans divers types d’environnements et rempliront des tâches différentes, comme par exemple la reconnaissance d’une zone terrestre, l’exploration de bâtiments ou le transport de charge pour fantassins.

Pour venir à bout de ce projet de développement et de construction, Safran travaillera en collaboration avec une dizaine de PME et laboratoires français spécialisés dans la robotique. Parmi eux, le Centre de Recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC), Valeo et PSA. Les premiers essais auront lieu dans l’Aisne, au centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (Cenzub) de Sissonne.