Près de 7.000 Congolais fuyant des combats entre l’armée et des rebelles dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont été accueillis au Burundi depuis trois jours, selon un nouveau décompte de la police burundaise vendredi.

« A 08h00, 6.692 réfugiés (étaient déjà) enregistrés » à Rumonge et Nyanza-Lac, a annoncé la police dans un tweet officiel, ajoutant que « le flux des réfugiés semble tarir ».

Des « conditions de vie très difficiles »

Signe que ces combats qui opposent l’armée congolaise à une milice, les Yakutumba, sont très violents, les réfugiés étaient encore 3.500 jeudi 25 janvier et à peine 1.500 deux jours plus tôt. Ils ont pour la plupart traversé sur des embarcations de fortune, emmenant avec eux matelas, valises, panneaux solaires, chaises ou seaux en plastique.

« Hier, tout le lac Tanganyika semblait couvert des centaines de pirogues de toutes les tailles, remplies à ras bord de réfugiés et de leurs biens, c’était très impressionnant », a expliqué à l’AFP un militant des droits de l’homme, parlant sous couvert d’anonymat. « L’administration de Rumonge est malheureusement débordée devant un tel afflux, une partie des réfugiés ont pu passer la nuit dans une salle du Centre des métiers de Rumonge, mais d’autres ont été obligé de passer la nuit à la belle étoile », a-t-il poursuivi.

Contacté par téléphone, un réfugié a décrit des « conditions de vie très difficiles » : « on n’a pas encore eu d’eau ou de nourriture pour la grande majorité, on n’a pas de toilettes ». Interrogés sur les conditions de ces réfugiés, ni le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi, ni les autorités burundaises n’ont voulu s’exprimer vendredi (26 janvier) )matin.

Des combats sans fin

L’armée congolaise mène depuis plusieurs jours une opération contre la milice des Yakutumba dans la région de Fizi, à proximité du lac Tanganyika. « Lorsqu’il y a crépitement des balles, c’est normal que les habitants puissent fuir leur domicile », a estimé le porte-parole de l’armée congolaise, le capitaine Dieudonné Kasereka, interrogé par l’AFP.

L’Est congolais est déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans. Des milices locales et étrangères se battent pour le contrôle des zones riches en ressources naturelles.