À Toulouse, ça bouge autour des « fake news ». Plusieurs initiatives apparaissent actuellement dans la Ville rose pour informer, éduquer et sensibiliser à cette nouvelle problématique. 

Elles se sont multipliées ces dernières années et prolifèrent maintenant un peu partout sur internet. Les fausses informations, plus communément appelées « fake news », font maintenant partie intégrante de notre quotidien. Depuis, la question de la circulation et du partage de l’information est devenu un enjeu majeur puisque même le président de la République, Emmanuel Macron, souhaite légiférer sur le sujet. Et si certains médias nationaux comme Le Monde et Libération ont déjà prit les devants. Les initiatives au niveau local semblent encore rares.

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En ce début d’année, la question des « fake news » semble avoir trouvée sa place à Toulouse. Une lutte de tous les jours que souhaite mener le dispositif Jeunes, média et citoyenneté, lancé par Le Club de la presse Occitanie. L’idée est de combattre les fausses informations par l’éducation auprès des jeunes.

Si le dispositif existe déjà à Montpellier, du côté de Toulouse, il est encore en phase de développement.

« C’est en réaction à l’attentat de Charlie Hebdo que l’idée est née. Le but est de se rendre dans les collèges et lycées des quartiers prioritaires en binôme journaliste/expert des réseaux sociaux, explique Sophie Arutunian, journaliste toulousaine, en charge de cette action de sensibilisation à Toulouse. Le principe est d’expliquer ce qu’est le métier de journaliste, de sensibiliser aux dangers des réseaux sociaux, tout en échangeant de façon ludique et interactive avec les élèves », détaille-t-elle.

Dans la région de Montpellier, les binômes interviennent aussi auprès d’associations de parents (principalement des mamans), qui sont parfois en retard sur ces problématiques. Actuellement en recherche de financements et d’intervenants, le projet toulousain devrait voir le jour à la rentrée scolaire prochaine. « À terme, l’objectif serait de pouvoir intervenir dans tous les établissements, pas seulement dans les zones prioritaires », conclue Sophie.

Les étudiants s’emparent du sujet

Si l’éducation de la jeunesse est prioritaire, certains étudiants partent également à la chasse aux « fake news ». Depuis 2013, le Master 2 Communication et Territoires et le DUT Information-Communication de Toulouse III Paul Sabatier organisent chaque année Les Rencontre Infocom’. Ils pilotent également le projet avec l’APIC 31 (association pour la promotion de l’information et de la communication). Un événement qui réunit chaque année étudiants, journalistes, communicants et curieux autour d’un thème d’actualité. Et cette année, les « fake news » sont à l’honneur. Pour cette occasion, différentes conférences et tables rondes auront lieu avec des invités tels que Guillaume Brossard, co-fondateur de HoaxBuster, Denis Teyssou journaliste à l’AFP, Sébastien Liébus co-fondateur du Gorafi ou encore Sylvie Laval et Nikos Smyrnaios maîtres de conférences à l’Université Paul Sabatier. Parmi les thèmes qui seront abordés : les « fake news » en politique, le genre de la satire comme nouvelle forme de désinformation et les outils pour lutter contre la désinformation. Une après-midi de débats qui aura lieu le 22 février prochain de 14 heures à 20 heures à l’IUT Ponsan de l’Université Paul Sabatier.

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En guise de conclusion, la rédaction du 24heures.fr vous propose une sélection d’outils de « fact-checking » disponibles gratuitement pour lutter contre les fausses informations circulant sur internet et les réseaux sociaux :

Le Décodex du journal Le Monde est un outil permettant d’aider à vérifier les informations qui circulent sur internet et à dénicher les rumeurs, exagérations ou déformations.

Tineye est un outil servant à faire une recherche inversée de photographie, ce qui peut permettre de démasquer des photos utilisées dans un mauvais contexte ou pour illustrer de fausses informations.

Le service Désintox du journal Libération et en particulier CheckNews permet de poser directement des questions aux journalistes de la rédaction du journal, qui y répondent après avoir enquêté.

Le site Conspiracy Watch est un observatoire consacré aux théories du complot qui peut s’avérer très utile pour déconstruire certaines idées conspirationnistes très répandues, en particulier chez les jeunes.

Et enfin HoaxBuster, est un site qui tente de recenser le plus grand nombre de canulars présents sur le web.