Au coeur du quartier des Izards de Toulouse, se situe une ferme. Un emplacement pas commun pour une exploitation. Ancrée dans ce quartier résidentiel depuis plus de 30 ans, ces terres produisent tout au long de l’année des légumes bio.

Placé à un peu plus de 200 mètres du périphérique, cet écrin de terre produit assez de légumes bio pour nourrir chaque semaine un peu plus de 400 familles. « 80% de nos clients habitent dans les quartiers alentours. Ils viennent chercher leurs légumes pour la plupart en vélo ou à pied. Le respect de l’environnement ne se limite pas à notre manière de produire » explique Florent Sassé, exploitant de la ferme. La pollution environnante le maraîcher en est conscient.  » Pour produire du bio, nous avons une liste de produits utilisable très restrictive. Parmi ces produits, on n’utilise pas tout, on cherche des solutions encore plus saines comme mettre un simple filet sur les légumes pour les protéger » expose le fermier.

Des légumes pour réduire la pollution

Si régulièrement Toulouse est touché par des pics de pollution, la qualité de ces légumes bio n’est pas touché. « Comme nous n’utilisons pas de pesticide, les légumes sont bio. De plus, ils ne sont pas touchés par ces produits invasifs et ils peuvent plus facilement prendre les composants de l’air dont ils ont besoin. La pollution quotidienne due à la circulation dans la ville rose ne les touche pas » commente le maraîcher.

« Être un point vert en pleine ville permet de réduire un peu la pollution. On a l’effet d’une petite bulle d’air propre  » annote Florent Sassé. Les légumes tous comme les arbres ont la propriété de rendre l’air plus respirable pour les hommes. « Mes légumes ne captent pas les particules fines, car ce sont les poumons qui sont impactés par ces problèmes d’air. Les légumes n’ayant pas de poumons, ils sont toujours aussi bio et ils réduisent la pollution  » se ravit l’exploitant.

Florent Sassé dans ses plantations en plein air / crédit : Audrey Genjusz

La pollution de l’air ne rentre pas en compte 

Pour produire des légumes bio, et être labellisé agriculture biologique, les autorités en charge se penchent sur la qualité de la terre de l’exploitation, mais aussi les produits utilisés.  » Nous sommes situé dans une zone historique de production de légume, nous ne sommes pas les seuls maraîchers. Donc, nous sommes plusieurs dans le coin à lutter malgré nous contre la pollution » analyse Florent Sassé.  » Pour faire du bio, la qualité de l’air n’entre pas en compte, elle est ici incalculable pour nous, mais aussi les légumes luttent naturellement contre  » justifie le fermier.

Pas de gros tracteurs qui polluent l’atmosphère

Pas moins d’un hectare de terres sont constamment exploité. « Nous avons 300 m2 cultivés en plein air, et 700 autres m2 sous des serres. On n’a jamais vraiment pensé à ne pas polluer en utilisant le moins de machines possibles  » avoue Florent Sassé.

Les seuls tracteurs de l’exploitation ne datent pas d’hier / Crédit : A.G

Seuls deux tracteurs assez âgés sont à disposition des employés de la ferme. Le fermier ne voit pas l’intérêt d’investir dans du matériel plus important.  » Si on a une semeuse, on fait la plupart du travail à la main. On récolte à la force de nos bras. Et les tracteurs sont utilisés 4 heures maximum par jour, pendant la saison estivale » se réjouit le maraîcher.

Une ferme respectueuse de l’environnement

Les restes d’une bâche de paillage biodégradable / Crédit: A.G

Si les légumes sont un rempart naturel contre la pollution, la manière d’exploiter les terres se veut la plus respectueuse possibles.  » Nous n’utilisons pas de paillages naturels aux pieds de nos légumes, car nous avons une trop grande exploitation. Par contre nous utilisons des bâches à la place. Ces dernières sont soit biodégradables soit réutilisable. Et quand nous ne pouvons plus les utiliser nous les faisons recycler. Quant aux légumes invendables, nous les partageons avec les employés  » explique Florent Sassé. Dans cette ferme, tout ce qui n’est pas biodégradable est recyclé.

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