La compagnie Air France ne procède plus au contrôle de concordance d’identité entre le nom de la carte d’embarquement et celui du document d’identité. Une mesure qui fait grincer des dents Christian Estrosi, et qui inquiète le syndicat des pilotes d’Air France.

 

C’est une mesure en vigueur depuis ce lundi : la procédure de vérification d’identité au moment de l’embarquement n’est plus effectuée depuis ce lundi par la compagnie Air France. Cette mesure s’applique également aux filiales de la compagnie, Hop ! et Transavia. Selon la compagnie, ce contrôle, qui n’était pas un contrôle d’identité mais simplement une vérification de concordance des noms, n’a plus lieu d’être avec la levée de l’état d’urgence, le 1er novembre dernier. L’abandon de cette mesure s’applique sur les vols en France et au sein de l’espace Schengen.

« Les personnes qui se présentent à la porte d’embarquement sont censées être sécurisées, puisqu’elles sont passées à l’inspection-filtrage et qu’elles ont subi les contrôles habituels, c’est-à-dire un contrôle de leur bagage cabine au rayons X et parfois, un contrôle d’éventuelles traces d’explosifs. Les personnes qui arrivent à l’embarquement, si tant est qu’elles ne soient pas la bonne personne en possession de la bonne identité, ne constituent pas un problème de sécurité lorsqu’elles montent dans l’avion », a déclaré Gilles Leclaire, directeur de la sûreté aérienne d’Air France, au micro d’Europe 1.

Néanmoins, cette décision ne plaît pas au syndicat des pilotes d’Air France (SPAF). Le président du syndicat, Grégoire Aplincourt, se désole de l’abandon de cette mesure de sécurité : « Au moindre souci, on ne pourra pas identifier le passager qui aura utilisé un billet. Avec cette mesure, vous pouvez avoir un passager dans l’avion qui vient pour essayer de commettre des actes de malveillance. Heureusement, les bagages sont filtrés mais globalement, vous pouvez très bien avoir un passager qui a fait acheter son billet par quelqu’un d’autre pour de mauvaises raisons ». Sur Twitter, Christian Estrosi, le maire de Nice, qualifie cette décision d’« inacceptable ».

Malgré l’inquiétude que cette décision soulève, d’autres compagnies pourraient faire de même pour gagner du temps au moment de l’embarquement. La concordance entre l’identité du passager et le nom inscrit sur son billet est néanmoins toujours vérifiée au moment de la dépose des bagages.