Suite à des discussions débutées lundi, le Bangladesh et la Birmanie ont convenu d’un calendrier pouvant permettre le retour des 655 000 musulmans qui ont fui les massacres sans toutefois donner de date fixe.

La Birmanie et le Bangladesh se sont donnés mardi deux ans pour régler le retour des plus de 650.000 de Rohingyas qui ont fui la Birmanie depuis fin août. Cet exode est intervenu après une répression de l’armée birmane.
À l’issue de discussions dans la capitale birmane de Naypyidaw entre le secrétaire général du ministère bangladais des affaires étrangères, Mohammed Shahidul Haque, et son homologue birman, Myint Thu, les deux partis se sont engagés à achever les opérations de rapatriements d’ici le début 2020.

Aucune date n’a été communiquée

La Birmanie et le Bangladesh discutaient depuis lundi sur les modalités du retour de ce peuple musulmans vivant dans l’Etat d’Arakan, en Birmanie. Le communiqué du ministère bangladais des Affaires étrangères ne précise pas quand le processus de rapatriement commencera. Celui-ci pourrait commencer « dans les prochains jours », a indiqué à l’AFP l’ambassadeur du Bangladesh en Birmanie. Il a toutefois reconnu la complexité de la logistique à mettre en œuvre. Il a déclaré qu’il était comme « impossible » de respecter la date du premier accord, qui avait été fixée au 23 janvier.

Une vague de rapatriements sous tension

La première vague de rapatriements devrait concerner une trentaine de milliers de personnes, qui seront réparties ultérieurement dans 625 résidences en cours de construction dans le district de Maungdaw, qui se situe dans le nord de la Birmanie. Cinq camps de transit sont en cours de construction, ils devraient permettre la « vérification » d’identité imposée par la Birmanie. Toutefois, ce contrôle semble compliqué à réaliser car les Rohingyas sont le plus souvent apatrides, donc sans documents d’identité. On estime désormais à 655 000 le nombre de Rohingyas qui se sont réfugiés au Bangladesh depuis l’année dernière. Ce futur rapatriement humain devrait se heurter à de nombreuses difficultés, notamment logistique et sécuritaire. De plus, les Rohingyas refuseront sûrement de rentrer chez eux. Pour rappel, leurs villages ont été brûlés par des militaires birmans ou des villageois bouddhistes.