Au troisième jour de la contestation, les tensions ne diminuent pas en Tunisie. Mercredi 10 janvier au soir des nouveaux heurts ont éclaté entre manifestants et policiers dans plusieurs villes. Les centaines de personnes descendues dans la rue dénoncent la hausse des prix et un budget d’austérité prévoyant entre autres des augmentations d’impôts.

Des tirs massifs de lacrymogènes

Au nord-ouest du pays à Siliana, des jeunes ont jeté mercredi 10 janvier au soir, des pierres et des cocktails Molotov sur les agents de police et ont tenté de s’introduire dans un tribunal dans le centre de cette ville. Face à ces comportements, la police a riposté par des tirs de lacrymogène.

À Kasserine, dans le centre défavorisé du pays, des jeunes ont tenté de bloquer les routes avec des pneus en feu tout en jetant des pierres sur des agents sécuritaires.

À Tebourba plusieurs dizaines de manifestants sont aussi descendus dans la rue. Là aussi, la police a riposté par des tirs massifs de lacrymogène.

Selon les médias locaux, des scènes similaires se sont déroulées dans des quartiers près de la capitale.

Plusieurs personnes arrêtées

Le premier ministre, Youssef Chahed, a condamné ces actes de « vandalisme » qui, selon lui, « servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l’Etat ». Il a accusé le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

Toujours dans la nuit du mercredi 10 janvier, 49 policiers ont été blessés et 237 personnes ont été arrêtées, a rapporté le ministère de l’intérieur.

Pour prévenir et contenir de possibles nouveaux débordements, l’armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux dans les principales villes du pays.

Ces nouveaux troubles sociaux interviennent sept ans après le début du « printemps arabe », une révolution qui réclamait travail et dignité et avait fait tomber le dictateur Zine El-Abidine Ben Ali.