« Refondation ». C’est le mot d’ordre de cette année pour le Parti Socialiste. Après une lourde défaite aux élections présidentielles et le départ de Benoit Hamon, la gauche doit se repenser pour trouver son positionnement face au parti du gouvernement. Pour Daniel Molina, l’un des responsables du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) de Haute-Garonne, la gauche doit se réunifier pour mieux revenir. 

Au siège du Parti Socialiste de la Haute-Garonne, à Toulouse, François Mitterrand recouvre les murs. La rose trône fièrement. Les jeunes socialistes y ont aussi leur siège. La MJS a fait le choix de s’associer directement au parti afin de participer activement aux décisions collectives. Et ils n’échappent pas à la directive générale : il faut réorganiser le mouvement. « C’est une décision qui s’est rapidement prise après les élections législatives et présidentielles. Toutes les semaines, nous avons repensé notre organisation. Comment on pouvait prendre en compte l’avis des militants, comment répondre aux attentes des Français… Là, nous sommes sur de nouvelles attentes dont nous allons parler au prochain congrès, des attentes de fond. » Car pour Daniel, il y a un réel « besoin de gauche ». « Il nous faut trouver une gauche de gouvernement, ce que nous avions réussi à faire avant, et qui tienne ses promesses. »

Daniel Milona, un des responsables du MJS Haute-Garonne. (Crédit : Lucie Cayrol)

Une refonte avec la parole des jeunes

Malgré son association au PS, le MJS reste une entité autonome avec un but de réflexion sur le socialisme et il repense la ligne politique de cette année. La volonté d’une transition dans le monde du travail, de l’écologie… Et le sentiment pour les Français d’appartenir à quelque chose de commun. Le mouvement représente la parole des jeunes socialistes qui participent au débat et proposent des idées pour les années à venir. « Le travail réalisé ici répond surtout aux aspirations des militants. Notre questionnement n’est pas seulement de savoir qui va diriger le parti demain, mais aussi de savoir comment on peut faire remonter de nouvelles idées de fonctionnement. Nous avons présenté 80 propositions pour renouveler le Parti Socialiste. Notre réponse, je pense qu’il faut l’entendre et qu’elle représentera une alternative à celle de ceux qui siègent à Paris et qui décident entre eux » explique Daniel.

Quatre candidats sont pour l’instant en lice pour le poste de Secrétaire Général du parti au Congrès du PS le 29 mars prochain. Stéphane le Foll, Emmanuel Maurel, Luc Carvounas et Olivier Faure. Des noms familiers pour les militants et pour les citoyens. « Moi parmi ces quatre, je ne suis pas spécialement convaincu » avoue Daniel. « Il y a des personnes pour qui je peux avoir de la sympathie, Emmanuel Maurel qui est dans l’opposition avec Emmanuel Macron, par exemple. Ou Olivier Faure qui travaille beaucoup sur la présidence du groupe à l’Assemblée Nationale. Mais dans le fond j’attends plus que ça, il y a eu un rejet des français de ces propositions aux dernières élections. Je pense qu’il faut marquer une réelle volonté de renouvellement. C’est un choix qui ressemble à ce que l’on a eu dans les années précédentes et qui ne répond pas véritablement aux problématiques d’aujourd’hui ».