1 mètre 55 pour 46 kilos. C’est le gabarit d’Ariane, 21 ans, étudiante en communication à Toulouse… et boxeuse ! Elle combat dans une catégorie assez méconnue : le poids mouche, encore plus léger que le poids plume et le poids coq. Samedi dernier, Ariane était à Paris pour tenter le Championnat des Espoirs nationaux. Retour sur l’histoire d’un petit gabarit qui frappe fort.

Petite taille, assez fine, un long manteau daim et une casquette de la même couleur. De premier abord, on ne croirait pas qu’Ariane vient de boxer contre deux compétitrices ce week-end. « Cette semaine, c’est repos » explique-t-elle. « J’ai voulu revenir à l’entraînement mais on m’a dit de prendre quelques jours pour moi ». Après plusieurs mois d’entraînements intensifs quotidiens, on peut comprendre qu’elle n’ait pas envie de raccrocher les gants de suite.

Depuis septembre dernier, Ariane a intégré le pôle compétiteur de son club, TMB à Toulouse, quartier Patte d’Oie. Un changement important pour celle qui, auparavant, n’avait jamais envisagé de faire de compétition. « Ça a été plutôt radical : on modifie son hygiène de vie, on s’entraîne presque deux fois plus, on vient tous les jours de la semaine. Et on passe le niveau au-dessus du coup : je me bats contre de vrais compétiteurs, qui ont pour la majorité des titres nationaux et internationaux à leur actif ! »

Poids mouche, une catégorie méconnue … et rare

Lorsqu’Ariane se voit proposer des combats et compétitions par son entraîneur, elle est confrontée à un détail : elle est la seule du département, mais également de la région à être boxeuse poids mouche. Elle va donc directement en sélections Espoirs de France !

Elle est pourtant à seulement deux kilos de passer à la prochaine catégorie. Avec un peu plus de masse musculaire, elle pourrait évoluer dans les poids Coqs. « Ce n’est pas stratégique pour moi, puisque je suis de petite taille et que dans cette catégorie, ces filles font plus d’une tête que moi … Donc c’est aussi stratégique de rester dans ma catégorie ». Mais les compétitrices en poids mouche se font rares. Lorsqu’Ariane arrive à Paris elle a seulement quatre adversaires, donc quatre combats.

 


Premier combat d’Ariane. Elle boxe ici en bleu. (crédit : Antonio Mastropasqua)

 

À Paris, Ariane ne combattra que deux fois le samedi. Elle rencontrera des compétitrices habituées au ring, qui ont plus de technique qu’elle. Mais elle ne se démonte pas et rend les coups. « C’est mon entraînement qui m’a permis de frapper plus fort aux combats. J’avais l’habitude de combattre des boxeurs de 80 kilos ! Donc à la compétition, je me disais « Mais ces filles ne me font pas mal … » Ça m’a vraiment rassurée de me dire que je vivais des combats plus durs à la maison ». Chacune de ses rencontres se soldera par une défaite mais, pour elle, ce n’est absolument pas un échec. « C’était super exaltant, tellement d’adrénaline. Entre les deux combats j’étais super dure avec moi-même mais mon coach m’a fait faire tout un travail pour que je reparte en gagnante sur le ring. J’ai découvert que le psychologique c’est 60% du challenge. Vivre tout ça, ça m’a remotivée et surtout ça m’a fait ressentir des automatismes que je connaissais mais que je n’avais pas vécus dans un contexte de compétition. » Un premier événement national pour la boxeuse qu’elle compte bien retenter dès l’année prochaine.