35, c’est le nombre d’heures hebdomadaires passées par les jeunes Français devant leur smartphone. Plus de la moitié d’entre eux disent même ne pas pouvoir s’en passer. En parallèle, aux États-Unis, deux actionnaires d’Apple ont réclamé à leur entreprise la création d’un outil permettant de lutter contre l’addiction des jeunes au smartphone. Alors à quel point notre jeunesse est-elle dépendante de ces écrans de poche ?

« Je me lève et c’est le premier truc que je fais »

Lorsque l’on prononce le mot « smartphone » devant des lycéens, leur attention est vite captée. Face à l’entrée du lycée Saint-Exupéry de Blagnac, plusieurs groupes d’ados tapotent frénétiquement sur leurs écrans. Mais ne tirons pas de conclusions à partir d’un simple constat visuel.

Le mieux est encore de poser la question aux principaux intéressés : êtes-vous accros ? Évidemment, les réponses divergent. Il y a ceux qui, comme Julie, 17 ans, commencent à l’utiliser au réveil : « Direct je me lève et c’est le premier truc que je fais » avoue-t-elle. Thomas, 16 ans, explique « On a pas mal de notifications quand on se lève », il se sent donc obligé de regarder ce qu’il s’est passé durant la nuit.

Mais tous les jeunes ne sont pas à mettre dans le même panier. Certains comme Coline, 17 ans, utilisent leur smartphone « Quand il n’y a vraiment rien à faire » avant d’ajouter « quand je suis au lycée ou avec des potes, je n’y touche pas ». Quant à ceux qui pourraient « se passer de téléphone » comme Kylian, 18 ans, qui ne l’utilise « Que pour appeler les potes et écouter de la musique », ils se font rares.

Quelle utilisation ?

Concernant la durée d’utilisation, en période de cours, les lycéens interrogés passent entre 2 et 5 heures sur leurs smartphones. Une durée qui vient à exploser lors des jours de repos. Justine, 16 ans explique : « Je suis sur mon smartphone minimum 3 heures par jour et quand c’est les vacances (rires gênés) c’est tout le temps ».

Mais que font les jeunes sur leurs petits écrans pour y passer autant de temps ? La réponse est simple quel que soit le jeune : les réseaux sociaux. Entre deux notifications Snapchat, Facebook ou Instagram, le téléphone sert aussi à écouter de la musique. Malgré la multitude d’options que réservent leurs smartphones, la plupart des jeunes en font une utilisation quasi mono-tâche. Telle une fumeuse qui n’arriverait pas à arrêter à cause du geste, Elsa l’avoue : « Dès fois, je n’ai rien à faire dessus, mais je regarde quand même. Sortir mon smartphone devient un réflexe ».

Dans une interview à 20 minutes, le psychologue Michel Stora en appelle aux parents. « Il ne s’agit pas de stigmatiser le smartphone. Si on le considère comme un ennemi, on en fait un objet de transgression. Mieux vaut en faire un objet de partage encadré ».