Au terme d’une enquête sur les relations d’Airbus avec l’Union Européenne, Médiacités révèle aujourd’hui (article payant) comment l’avionneur toulousain s’y prend pour obtenir des aides et s’arranger avec les normes de pollution.

121 réunions

L’enquête révèle que l’entreprise aurait en son sein 11 lobbyistes accrédités à Bruxelles, soit 6,5 à plein temps. Airbus a pu rencontrer à 121 reprises la Commission européenne depuis 2014. Ce qui lui confère la troisième place des groupes les plus actifs, derrière l’association patronale BusinessEurope (175 réunions), dont le Medef est membre, et Google (161).

Selon le média d’investigation, les discussions entre le géant de l’aéronautique la Commission européenne tourneraient souvent autour des émissions de CO2 de ses avions.

Et pour cause, le trafic aérien international représente 2 à 3 % des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Elles seraient en hausse constante dues à un afflux toujours plus important de passagers, le double est attendu d’ici à 2034.

Pourtant la COP 21 n’a pas imposé de norme sur les émissions de CO2 des avions. Selon l’ONG Coorporate Europe Observatory, l’Association internationale du transport aérien (IATA), lobby qui regroupe les compagnies aériennes, « a soigneusement veillé à ce que les négociations sur le climat à Paris excluent l’aviation de leur champ », comme nous pouvons le lire dans les colonnes de Médiacités.

D’autres lobbys

Airbus aurait également usé de son influence pour limiter les contraintes d’une législation européenne sur l’exploitation et la vente de produits dérivés d’un minerais originaire de République Démocratique du Congo. Ce minerais, largement utilisé à travers le monde, est utile également à la production aéronautique. D’après Sylvain Morvan, ONG et associations internationales auraient trouvé des échanges de mails entre Airbus et la Commission européenne où le groupe se dit « préoccupé par le coût de la traçabilité ».

Pour finir, nous apprenons également dans ce rapport qu’Airbus, membre de l’ASD (Aerospace and defence industries association of Europe) a dépensé en 2016 la somme de 298 000 euros en lobbying. Pour quel sujet ? Le renforcement des frontières. Cette organisation est notamment connue pour son activité auprès de Matthias Ruete, directeur général de la Commission Européenne chargée des affaires intérieures et des migrations.

Franck Slijper, membre de l’ONG Stop Wapenhandel dénonce : « L’industrie de l’armement est profondément enracinée dans les cercles décisionnels de Bruxelles. Sa capacité à définir les termes du débat et à orienter la politique est préoccupante. »

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur ce rapport sur le site de Médiacités.

Lucie Cayrol et Samy Benattia